Avant 40 ans : une PA élevée ou une HTA majorerait le risque de MCV dans le temps

  • Yano Y & al.
  • JAMA
  • 6 nov. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Chez les jeunes adultes, l’augmentation de la pression artérielle (PA élevée ou hypertension artérielle de stade 1 ou 2, selon la définition de l’American College of Cardiology/American Heart Association, 2017) avant 40 ans favoriserait de manière significative (entre un facteur 1,6 et 3,5) le risque d’événement cardiovasculaire par rapport aux sujets ayant une PA normale avant cet âge. Ces données soutiennent les recommandations américaines de prise en charge des individus à un stade précoce d'augmentation de la pression artérielle. En revanche, un récent éditorial paru dans la lettre du cardiologue rappelait que les experts européens réaffirmaient leur position de définir l’hypertension artérielle seulement à partir d’une PAS/PAD ≥140/90 mmg. La bataille Europe-Amérique continue…

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Il existe finalement peu de données sur l’association entre la pression artérielle chez les jeunes adultes et les évènements cardio-vasculaires à mi-vie. Cette étude américaine vient renforcer la position des recommandations américaines sur le suivi des sujets à risque de maladies cardiovasculaires (MCV). 

Méthodologie

Les analyses portent sur la cohorte prospective CARDIA (Coronary Artery Risk Development in Young Adults) initiée en mars 1985.

Les participants ont été classés dans l’une des catégories suivantes en fonction de leur pression artérielle (PA) obtenue avant l’âge de 40 ans : sujets ayant une PA normale (sujets non traités avec PAS 90 mmHg, ou sujets traités par antihypertenseurs, n=638). Les maladies cardiovasculaires suivies étaient les maladies coronariennes fatales et non fatales, l’insuffisance cardiaque, l’AVC, l’AIT et l’intervention pour maladie artérielle périphérique. Le suivi a été réalisé à l’inclusion, puis à 2, 5, 7, 10, 15, 20, 25 et 30 ans.

Principaux résultats

Au total, 4.851 adultes américains âgés de 18 à 30 ans de la cohorte CARDIA ont été inclus dans les analyses (âge moyen 35,7 ans, 55% de femmes, et 50% de sujets américains d’origine africaine). Sur l’ensemble de cette cohorte, 206 prenaient des antihypertenseurs (4%). Au cours du suivi moyen de 18,8 ans, 228 évènements cardiovasculaires ont été notifiés (109 coronaropathies, 63 AVC, 48 insuffisances cardiaques et 8 maladies artérielles périphériques).

L’incidence des MCV était de 1,37/1.000 personnes-années chez les sujets ayant une PA normale, 2,74 chez ceux ayant une PA élevée, 3,15 pour une hypertension artérielle de stade 1 et 8,04 pour une hypertension artérielle de stade 2.

Par rapport aux sujets qui avaient une pression artérielle normale, tous ceux qui avaient une PA élevée ou une hypertension artérielle de stade 1 ou 2, avaient un risque augmenté de maladie cardiovasculaire, respectivement d’un facteur 1,6 (hazard ratio (HR) 1,67 [1,01-2,77]), 1,7 (HR 1,75 [1,22-2,53]) et 3,5 (HR 3,49[2,42-5,05]).

Principales limitations

Des facteurs résiduels de confusion peuvaient persister (notamment des apports en sodium, des facteurs psychologiques, …).