Auto-prélèvement à domicile : une alternative complémentaire possible pour les dépistages VIH et hépatites


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Dans le cadre de l’enquête téléphonique Baromètre de Santé publique France, menée auprès de sujets représentatifs de la population française de 15-75 ans, trois personnes sur 4 ont accepté de recevoir un kit d’autoprélèvement à domicile visant à dépister le virus VIH, VHB et VHC.
  • Parmi eux, le taux de retour des prélèvements sanguins était d’environ 50%.
  • L’âge, le niveau socio-économique et le lieu de résidence apparaissent comme des facteurs influençant l’acceptation et/ou la réalisation du test.

 

Les tests de dépistage des virus VIH, VHB et VHC sont acceptables et réalisables auprès d’une population adulte représentative de la population générale, montre l’étude BaroTest, menée dans le cadre de l’enquête téléphonique Baromètre de Santé publique France en 2016. En effet, parmi plus de 15.000 personnes ayant répondu, 73,4% ont accepté de recevoir le kit d’autoprélèvement à domicile et 50,6% parmi eux ont renvoyé le test pour analyse, soit un taux global de participation satisfaisant de 37,0%.

Les taux de dépistage du VIH, du VHB et du VHC au sein de la population adulte ont été améliorés ces dernières années et les recommandations préconisent la réalisation concomitante des trois tests. Outre les tests sanguins conventionnels, les tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) permettent d’élargir la population participante à celle qui est traditionnellement plus éloignée du soin. Pourtant, une partie de la population reste encore non diagnostiquée pour l’une et/ou l’autre de ces infections. Le BaroTest était donc intéressant à mener pour évaluer la faisabilité et l’acceptabilité du test.

Des disparités d’acceptation et d’appropriation à exploiter

Ceux qui avaient accepté de recevoir le kit se voyaient envoyer une trousse visant à réaliser un auto-prélèvement sanguin sur buvard. Ils devaient renvoyer ces prélèvements à un centre national de référence (CNR). Les résultats négatifs étaient transmis par courrier au patient et à son médecin traitant. En cas de résultats positifs, un courrier invitait le patient à consulter son médecin. Les données de l’étude montre que le test est facilement appropriable par les participants, puisque 98,4% d’entre eux avaient rempli les 5 spots du buvard nécessaires à la réalisation des trois tests, dont 88% étaient correctement remplis.

Malgré ces données encourageantes, des disparités importantes sont apparues, tant sur le plan de l’acceptation que de la réalisation du test. Ainsi, si le taux d’acceptation était identique quel que soit le sexe, il était d’autant plus faible que les personnes ne voulaient pas répondre à certaines questions sur leur activité sexuelle ou n’estimaient pas que le dépistage du VIH devait être universel et systématique. En revanche, le test était mieux accepté par ceux qui habitaient en milieu rural ou hors agglomération parisienne. Concernant le retour des prélèvements, les taux de retour étaient plus élevés à mesure que les participants étaient plus âgés. Ils étaient à l’inverse d’autant plus faibles que leur situation financière était difficile (malgré une relance). Ces données peuvent venir aider à « déterminer le meilleur scénario de déploiement », une fois complétées par une analyse médico-économique, expliquent les auteurs.