Augmentation de 8,5% sur 6 ans des cas d’hospitalisation pour endométriose en France : pourquoi ?

  • Le Moal J & al.
  • Sci Rep

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • L’incidence annuelle des cas d’hospitalisation pour endométriose, tous types confondus, serait de 12,9/10.000 femmes/an.
  • Le pic d’incidence de l’endométriose tous types confondus se situerait vers 47 ans et le pic d’incidence de l’adénomyose vers 30 ans.
  • Entre 2011 et 2017, le risque d’endométriose tous types confondus a augmenté de 8,5% (+15% pour l’adénomyose et +3,6% pour les autres cas).
  • Une forte disparité de la répartition des cas renforce l’hypothèse de l’impact de facteurs favorisants environnementaux.

Pourquoi est-ce important ?

Cette étude vient combler le manque de données épidémiologiques et géographiques fines pour la France. L’étiologie de la maladie est inflammatoire et hormono-dépendante. Exacerbée par les œstrogènes et atténuée par les androgènes ou la ménopause. Les preuves évoquant une association entre exposition aux perturbateurs endocriniens et développement d’une endométriose s’accumulent (suspectant notamment le bisphénol A, les phtalates, les dioxines, les polychlorobiphényles et les pesticides organochlorés).  

Méthodologie

Cette étude nationale rétrospective a été menée à partir des données exhaustives de sorties hospitalières pour les sujets de sexe féminin (≥10 ans) pris en charge entre 2011 et 2017 en France. Les cas incidents d’endométriose ont été définis comme ceux identifiés lors d’un premier séjour hospitalier, sans séjour préalable dans les 5 années précédentes.

Principaux résultats

Au total, 207.462 cas incidents d’endométriose (tous types) ayant nécessité une hospitalisation ont été identifiés (dont 83.112 cas hors adénomyose) sur toute la période d’analyse. 

Ainsi le taux d’incidence brut sur la période de l’étude a été estimé à 9,85/10.000 femmes/an (3,95/10.000 femmes/an pour les cas hors adénomyose) et 12,9/10.000 femmes/an si l’on considère la tranche d’âge 10-49 ans. 

Les 25-49 ans représentent 68,3% des cas incidents. Les femmes de moins de 25 ans ne représentent que 4% des cas incidents et celles de 50 ans et plus 27,8%.

Tous types d’endométriose confondus, un pic semble atteint vers 47 ans, avec un risque d’hospitalisation pour endométriose presque triplé par rapport aux femmes âgées de 25 ans (risque relatif (RR) 2,97 [2,74-3,21]). En revanche, pour les cas hors adénomyose, le pic d’incidence serait autour de 30 ans et diminuerait ensuite avec l’âge. Les analyses ont montré que le risque d’endométriose n’était pas géographiquement homogène. Vingt zones à haut risque ont été mises en évidence pour le risque d’endométriose, zones similaires que ce soit pour l’endométriose ou l’adénomyose. Dix de ces zones sont proches de centres experts.

En métropole, l’incidence tous types confondus est plus élevée dans la moitié sud du pays : Nouvelle Aquitaine (11,61/10.000 femmes/an, Provence-Alpes-Côte d’Azur (10,98/10.000 femmes/an). L’incidence est également particulièrement élevée sur l’Ile de la Réunion (15,18/10.000 femmes/an) et en Martinique (12,96/10.000 femmes/an).

Entre 2011 et 2017, le risque d’endométriose tous types confondus a augmenté de 8,5% (+15% pour l’adénomyose et +3,6% pour les autres cas). Aucune augmentation n’a été mise en évidence chez les moins de 25 ans, en revanche, l’augmentation atteint les 10,4% chez les 25-49 ans. 

Les auteurs évoquent que ces tendances pourraient s’expliquer par l’impact des disparités en matière de soins de santé, des facteurs de risque environnementaux, l’évolution des pratiques médicales, ainsi que par une meilleure sensibilisation.