Aucune méthode validée pour améliorer le partage de la décision médicale


  • Serge Cannasse
  • Univadis Actualités Médicales
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La prise de décision partagée (PDP) entre le médecin et son patient apparaîit aujourd’hui comme une pratique recommandée : les patients ont accès à bien plus d’informations de santé qu’autrefois et leur rôle d’acteurs de leurs soins est un droit qu’ils revendiquent. Plusieurs méthodes ont été proposées pour favoriser cette PDP. Des chercheurs de la fondation Cochrane ont rassemblé et examiné les études dédiées à la question.

Ils en ont retenu 87, publiées jusqu’en juin 2017, ayant inclus au total 45.641 patients et 3.113 professionnels, et menées principalement aux États-Unis, en Allemagne, au Canada et aux Pays-Bas. En plus du critère de participation accrue des patients à la décision, ils ont examiné l’effet de ces méthodes sur le regret de décision, la qualité de vie liée à la santé physique et mentale et enfin sur la durée et le coût de la consultation. Les études ont été d’abord partagées en deux catégories selon que la PDP.étaient mesurée par des observateurs externes ou par les patients. Puis, elles ont été divisées en fonction de leur cible :

-       professionnels de santé seulement (réunions pédagogiques, visites de sensibilisation, etc) : 15 études ;

-       patients seulement (aides à la décision, formations, etc) : 44 études ;

-       professionnels et patients (combinaisons d’interventions menées par un professionnel et par un patient) : 28 études.

Pour les chercheurs, le résultat est décevant : « Bien que les études dans les trois catégories aient testé de nombreuses méthodes différentes (...), dans l’ensemble, nous ne pouvons pas avoir confiance dans leur efficacité parce que la certitude des données probantes était faible. » À cela ils donnent deux principales raisons : de nombreuses sources d’erreur (par exemple, rien ne permettait de s’assurer que les participants des groupes témoins n’avaient pas eu accès aux méthodes testées) et un mauvais report des résultats (par exemple, un manque d’informations empêchant tout jugement fiable de la qualité des données probantes). Ils concèdent que « comparativement à l’absence d’activité, les méthodes destinées aux professionnels de santé peuvent légèrement améliorer la qualité de vie liée à la santé mentale, mais elles font peu de différence pour celle liée à la santé physique . » En ce qui concerne les regrets de décision, les méthodes ciblant à la fois les professionnels et les patients ont des résultats comparables.

Les chercheurs concluent que rien ne permet de choisir un type de méthodes visant à augmenter la PDP, la confiance dans les données publiées étant très faible.