Aucune corrélation entre les traitements de fond par TDF-XTC et le risque d’issues négatives des grossesses


  • Agenzia Zoe
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Messages principaux

  • Les traitements de fond par inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) ne sont pas liés au risque d’accouchement prématuré (AP).
  • Le risque de petit poids pour l'âge gestationnel (PAG) est moins élevé avec TDF-XTC ou ABC-3TC qu’avec ZDV-3TC.
  • Les résultats confirment la sécurité d’emploi des traitements de fond par TDF-XTC amorcés pendant la grossesse en ce qui a trait à la durée de la gestation et au poids à la naissance.

Dans cette étude, les auteurs se sont concentrés sur les femmes commençant un TAR (trois/quatre médicaments dont au moins deux INTI) pendant la grossesse, un traitement permettant d’éviter la transmission mère-enfant du VIH. Les résultats d’études antérieures menées dans différentes populations sur le lien entre les schémas thérapeutiques antirétroviraux et le risque d’issues négatives de la grossesse étaient contradictoires.

La présente étude portait sur des femmes VIH positives issues de milieux riches en ressources et à revenus intermédiaires d’Europe de l’Ouest et d’Europe de l’Est ayant eu une grossesse monofœtale avec naissance viable en 2008-2014, la conception ayant eu lieu hors traitement, et chez lesquelles un unique schéma thérapeutique antirétroviral d’association avait été amorcé au moins 2 semaines avant l’accouchement.

Sur les 7 193 grossesses de l’étude, 45 % (3 207) se déroulaient au R.-U. et en Irlande, 44 % (3 134), en Ukraine et 7 % (469), en Russie, un plus petit nombre de grossesses se déroulant en Belgique, en Roumanie, en Espagne et en Suisse. Le schéma thérapeutique antirétroviral comprenait ZDV (zidovudine)–3TC (lamivudine) dans 71 % (n=5 122) des grossesses, TDF-XTC (ténofovir) dans 16 % (n=1 122) et ABC (abacavir)–3TC dans 10 % (n=711). L’utilisation de ZDV-3TC a diminué dans le temps, avec l’augmentation du recours aux traitements de fond à base de TDF. Dans 77 % (n=5 558) des cas, le troisième agent était LPV/r (lopinavir potentialisé par le ritonavir). Globalement, 10 % (722/7 193) des accouchements étaient prématurés et 11,1 % (785/7 089) des nouveau-nés avaient un PAG.

Les ratios de prévalence ont été ajustés a priori pour les facteurs de confusion potentiels. Spécifiquement, pour le modèle d’AP : année civile et pays de l’accouchement, parité, antécédents d’usage de drogues injectables (UDI) de la mère, numération des CD4+, âge de la mère et troisième agent du schéma thérapeutique antirétroviral. Pour le modèle de PAG, toutes les variables du modèle d’AP ont été incluses, en plus du sexe du nourrisson et de la durée du TAR.

Dans le principal modèle ajusté (N=6 123), il n’y avait aucun lien entre le traitement de fond par INTI et l’accouchement prématuré pour ABC-3TC.

Dans une analyse ajustée différente (N=5 780), les nourrissons exposés in utero à ABC-3TC ou à TDF-XTC étaient moins susceptibles de naître avec un PAG que ceux exposés à ZDV-3TC.

Cette étude a certaines limites : les patientes risquant un accouchement prématuré ont par définition moins de possibilités d’amorcer un TAR dans les dernières semaines de grossesse, par conséquent la durée du TAR dans l’analyse de l’AP n’a pas été explorée. Les auteurs n’avaient pas d’information disponible sur les facteurs de confusion importants, comme le tabagisme, les antécédents d’issues négatives de grossesse, l’infection. Les recommandations pour le TAR pourraient différer d’un pays à l’autre.