Aucun risque de transmission sexuelle du VIH chez les couples homosexuels sous TAR virosuppresseur


  • Daniela Ovadia — Agenzia Zoe
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Le risque de transmission du VIH chez les couples homosexuels masculins sérodifférents à l’occasion de relations sexuelles sans préservatif est nul lorsque le partenaire VIH positif est sous traitement antirétroviral (TAR) avec une charge virale du VIH inférieure à 200 copies/ml.
  • Aucune nouvelle infection par le VIH n’était une transmission intra-couple phylogénétiquement liée au cours des 8 années de suivi.
  • Les résultats confirment l’intérêt de la campagne U=U (concept indécelable = non transmissible) et les bénéfices du dépistage et du traitement précoces du VIH.

 

La première phase de l’étude observationnelle prospective PARTNER montre que le risque de transmission du VIH à l’occasion de relations sexuelles sans préservatif dans le contexte d’un TAR virosuppresseur est nul pour les couples hétérosexuels. L’étude PARTNER2 visait à fournir des estimations précises du risque de transmission dans les couples homosexuels sérodifférents.

L’étude PARTNER portait sur des couples hétérosexuels et homosexuels sérodifférents (dans 75 centres, 14 pays européens) de septembre 2010 à mai 2014. L’étude PARTNER2 a prolongé le recrutement de couples homosexuels jusqu’au mois de juillet 2017. Le suivi s’est arrêté en avril 2018.

Critères d’inclusion pour les couples-années de suivi (CAS) : relations sexuelles sans préservatif, aucune prophylaxie pré/post-exposition chez le partenaire VIH négatif, partenaire VIH positif présentant une suppression virale (ARN du VIH-1 plasmatique

La collecte des données (à l’entrée dans l’étude et lors de chaque visite) comprenait des questionnaires sur les comportements sexuels, le dépistage du VIH (partenaire VIH négatif) et la mesure de la charge virale du VIH-1 (partenaire VIH positif). Si un partenaire VIH négatif devenait VIH positif, une analyse phylogénétique était réalisée pour comparer les séquences pol et env du VIH-1 pour identifier des transmissions liées.

Analyse principale : taux d’incidence de transmission du VIH calculé comme le nombre d’infections à VIH phylogénétiquement liées survenant pendant les CAS admissibles divisé par les CAS admissibles.

Au total, 782 couples homosexuels (âge médian de 38 [intervalle interquartile IQR 31-45] et 40 ans [IQR 33-46] pour les participants VIH négatifs et positifs, respectivement) ont fourni 1 593 CAS admissibles et ont signalé des relations sexuelles sans préservatif pendant une durée médiane de 1 an (IQR 0,4-2,9). Suivi médian : 2 ans (IQR 1,1-3,5).

Nombre total de relations sexuelles anales sans préservatif pendant les CAS admissibles : 76 088.

Parmi les hommes VIH négatifs, 37 % (288/777) ont signalé avoir des relations sexuelles sans préservatif avec d’autres partenaires.

Quinze des partenaires initialement VIH négatifs sont devenus VIH-1 positifs. Il n’y a eu aucune transmission intra-couple phylogénétiquement liée, et le taux estimé de transmission du VIH est donc de zéro (limite supérieure de l’IC à 95 %, 0,23 par 100 CAS).

Les résultats valident le message de la campagne U=U : le risque de transmission du VIH dans le contexte d’un TAR virosuppresseur est nul. Cette campagne peut être appliquée lorsque les personnes VIH positives ont accès aux tests, au traitement efficace, et à la surveillance de la charge virale et à un soutien total afin de favoriser des niveaux d’observance élevés.

Limites : Il n’a pas été possible de déterminer le risque de transmission du VIH dans les couples très récents ; la plupart des partenaires VIH positifs étaient sous TAR depuis plusieurs années.