Attention au risque d’infection à CMV après un Covid-19

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’article
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À retenir

  • Selon une étude de cohorte rétrospective, il existe un surrisque d’être infecté par le cytomégalovirus (CMV) dans les 90 jours suivant un diagnostic de Covid-19, par rapport aux patients n’ayant pas été infectés par le SARS-CoV-2. Ce constat restait vrai quel que soit l'âge, le sexe, l’origine, le fait d’avoir été vacciné contre le Covid-19 ou le statut immunitaire.

  • Aucune forme de maladie à CMV n’était favorisée par rapport aux autres.

Pourquoi est-ce important ?

La littérature rapporte que la survenue d’infections après un Covid-19 est favorisée par la fragilisation transitoire de l’immunité au décours immédiat de l’infection. Ces événements sont secondaires à une réactivation virale (herpès simplex, varicelle/zona, Epstein-Barr) ou à une nouvelle infection. Si le risque lié à certains de ces pathogènes a été décrit par ailleurs dans la littérature, aucune étude n’a porté sur l’évaluation du surrisque de maladie à CMV.

Méthodologie

Cette étude rétrospective a utilisé les données TriNetX, une plate-forme collaborative internationale recueillant les données médicales électroniques en temps réel au sein de quatre pays (États-Unis d’Amérique, Brésil, Géorgie, Taïwan). L’analyse a consisté à comparer des personnes de 18 ans et plus ayant été infectées au cours de l’année 2022 par le variant Omicron ou ne l’ayant pas été, et ayant été reçues à deux reprises dans un centre de soins participant au réseau. Le critère principal de l’étude était le diagnostic d’une maladie à CMV dans les 90 jours après celui du Covid-19.

Principaux résultats

Au total, l’étude a pu inclure 1.250.817 personnes infectées par le SARS-CoV-2 et 19.234.284 qui ne l’avaient pas été, parmi lesquelles 1.250.817 ont été appariées sur le score de propension à l’inclusion.

Les patients ayant eu un Covid-19 avaient un risque plus élevé de maladie à CMV que les autres (HR 2,55 [2,01-3,23]). C’était également le cas pour les différents types de maladie à CMV (hépatite, pancréatite, pneumopathie…).

Le surrisque était confirmé quel que soit le sexe, l’âge, l’origine ethnique, le statut immunitaire. Il était également associé aux principales comorbidités (obésité, diabète…) et était le plus élevé pour les personnes atteintes de cancer (HR 3,10 [1,95-4,92]), et celles traitées par glucocorticoïdes (HR 3,14 [2,45-4,02]). Le risque de maladie à CMV était plus faible chez les patients qui avaient été vaccinés.

Principales limitations 

Cette étude est sujette aux biais inhérents à l’exploitation de données issues de registres. Elle n’a pas pu inclure des patients Covid-19 asymptomatiques et qui n’ont donc pas été testés.