Atteintes bucco-dentaires de l’enfant : penser à une maladie cœliaque ?

  • Villemur Moreau L & al.
  • Arch Pediatr
  • 16 déc. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Les manifestations gastro-intestinales de la maladie cœliaque sont bien connues : diarrhées, distensions abdominales, perte de poids. Cette pathologie se développe le plus souvent avant l’âge de 3 ans, et ce plusieurs semaines après l’ingestion de gluten contenu dans des céréales comme le blé, le seigle, l’orge… Des caractéristiques extra-intestinales sont cependant de plus en plus souvent signalées, notamment les défauts de l’émail dentaire, le retard à l’éruption dentaire, les stomatites aphteuses récurrentes. Une étude a évalué la fréquence des manifestations buccales chez les enfants souffrant de maladie cœliaque par rapport à des enfants témoins. Ses résultats suggèrent effectivement une fréquence plus élevée des défauts de l’émail et des stomatites aphteuses récurrentes chez les enfants souffrant de maladie cœliaque par rapport aux enfants témoins. Ces premières données nécessitent cependant d’être confirmées par des études de plus large envergure. 

Pourquoi ces résultats sont-ils importants ?

Ces premières données encouragent à continuer les investigations afin de confirmer la relation mise en évidence ici entre les anomalies bucco-dentaires et la sévérité de la maladie cœliaque. Il sera intéressant également d’étudier l’éventuelle réversibilité de ces phénomènes sous un régime sans gluten. 

Méthodologie

Une étude observationnelle monocentrique a été menée chez 28 enfants souffrant de maladie cœliaque et 59 enfants témoins. Tous avaient moins de 12 ans, et avaient une denture mixte (dents de lait et dents définitives).

Principaux résultats

L’âge moyen des enfants atteints de la maladie cœliaque inclus était de 8 ans (67,8% de fille, 71,4% des sujets étaient HLA DQ2 positif et 42,8% HLA DQ8 positif). L’âge moyen des enfants témoins était de 7,2 ans, 49,1% de filles. 

Les enfants souffrant de maladie cœliaque avaient un nombre plus élevé de défaut de l’émail (67,9% vs 33,9%, p=0,004) et de stomatites aphteuses récurrentes (50,0% vs 21,8%, p=0,011) que les enfants témoins. Les défauts de l’émail étaient principalement de grade I et II (classification d’Aine), c’est-à-dire des défauts légers de la couleur ou de la structure. Les dents de lait étaient plus souvent concernées que les dents définitives (57,1% vs 13,6%, p

En revanche, dans cette étude, aucun retard d’éruption dentaire n’a été observé chez les patients atteints de maladie cœliaque. Les atteintes de l’émail seraient symétriques et suivraient l’ordre chronologique de minéralisation dentaire.

Limitations

Étude monocentrique sur un petit effectif. Les sujets témoins étaient tous suivis par l’unité d’endocrinologie de l’hôpital .