Asthme : comment réduire le recours aux corticoïdes oraux ?

  • Bourdin A & al.
  • Eur Respir Rev
  • 31 mars 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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En septembre 2018, le groupe Asthme et Allergies de la SPLF ( Société de pneumologie de langue française ) a tenu un workshop dédié à la délicate question du traitement de l’asthme par les corticostéroïdes oraux (CSO), qui sont pointés du doigt pour les risques qui leur sont associés. Cet atelier a fait l’objet d’une synthèse qui vient d’être publiée dans European Respiratory Review .

Ce texte dresse un état des lieux des connaissances concernant le bénéfice clinique et les évènements indésirables liés à l’utilisation des CSO. Il rappelle aussi la difficulté rencontrée en pratique étant donné que les CSO constituent un élément clé dans la caractérisation de la sévérité de l’asthme et qu’il existe une véritable hétérogénéité de la maladie et de sa réponse aux CSO selon le phénotype (Th2 élevé ou non), sachant également que la réponse aux CSO oraux peut être différente de celle des corticostéroïdes inhalés. L’absence de connaissance parfaite des mécanismes d’action en œuvre peut en partie expliquer cette situation.

Principales positions retenues par les experts

Malgré les risques associés à l’utilisation des CSO, il semble prématuré d’en condamner systématiquement l’usage. L’objectif peut néanmoins être plus facile à atteindre chez les enfants. Les experts ont ainsi établi treize positions dont les trois suivantes ont recueilli le plus haut niveau d’adhésion :

  • Tous les patients asthmatiques recevant des corticostéroïdes oraux devraient être adressés à un centre expert afin de bénéficier d’une évaluation pluridisciplinaire et de pouvoir accéder aux innovations thérapeutiques.

  • Une dose cumulée d’au moins 1 gramme par an devrait constituer une alerte incitant à orienter le patient vers un référent.

  • Chez les enfants et adolescents, il est nécessaire de développer les études consacrées à l’évaluation de stratégies d’épargne corticoïde, ainsi qu’à l’utilisation précoce des nouveaux traitements, notamment biologiques.

Principes d’un arrêt progressif des CSO

  • Les patients nécessitant un maintien des CSO ou des traitements ponctuels induisant une dose cumulée ≥1 g/an doivent faire l’objet d’une évaluation afin notamment d’apprécier les difficultés d’adhésion, d’observance, d’utilisation, d’exposition maintenue aux allergènes, et de réévaluer le diagnostic, rechercher les comorbidités...

  • Réduire progressivement les CSO passe notamment par l’optimisation des thérapies inhalées, l’éducation thérapeutique, le soutien psychologique, et une évaluation de l’utilité des traitements biologiques.

  • Mettre en place un traitement sans CSO doit notamment inciter à évaluer l’intérêt des traitements anti IL-5, IL-4RA, anti-IgE au cas par cas.

  • Si le sevrage des CSO n'est pas atteint plusieurs investigations doivent être conduites, notamment la recherche d’une insuffisance surrénalienne, l’évaluation de l’opportunité d’un switch vers une stratégie d’épargne de CSO, la recherche de comorbidités respiratoires ou répondant aux CSO.