Association entre la concentration sérique en 25-hydroxyvitamine D avant la conception et le déroulement d’une grossesse

  • Mumford SL & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol
  • 30 mai 2018

  • de Nathalie Barrès
  • Lecture critique
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À retenir 

Une étude publiée dans The Lancet, montre qu’un taux de 25-hydroxyvitamine D suffisant (≥75 nmol/L) en période pré-conceptionnelle serait associé à une augmentation des chances d’être enceinte et de donner naissance à un enfant en vie. Un taux de 25-hydroxyvitamine D (25-OHD) suffisant avant la conception, et non seulement à la 8semaine de grossesse, serait associé à une réduction des avortements spontanés. D’autres études sont maintenant nécessaires pour évaluer l’intérêt d’une supplémentation avant la conception.

Pourquoi est-ce important ?

S’il existe des données dans la littérature ayant montré que les déficits en vitamine D durant la grossesse avaient des conséquences délétères sur son déroulement, il n’existe pas de données sur l’impact des concentrations en vitamine D en période pré-conceptionnelle sur son bon déroulement. Or, des études ont suggéré que les concentrations en vitamine D étaient un élément prédictif de la réceptivité et de l’implantation endométriale. Par ailleurs, son rôle comme modulateur de l’immunité contribuerait à prévenir les pertes fœtales. Ainsi par différents mécanismes, la vitamine D pourrait influencer la fécondité, la naissance en vie et les avortements spontanés. D’où l’intérêt de cette étude pour mieux comprendre une éventuelle association entre taux de vitamine D en pré-conception ou dans les premières semaines de la grossesse et le bon déroulement de celle-ci chez des femmes ayant déjà présenté des avortements spontanés.

Principaux résultats

Les analyses ont porté sur 1.191 femmes. Au global, 47% présentaient des concentrations en 25-OHD jugées suffisantes (≥75 nmol/L) et 53% insuffisantes (<75 nmol/L).

Les résultats ont montré que par rapport à celles qui présentaient des concentrations en vitamine D insuffisantes, les femmes qui avaient des taux de 25-hydroxyvitamine D suffisants avaient 10% de chances supplémentaires d’être enceintes (risque relatif ajusté à l’âge, l’IMC, l’origine ethnique, l’activité physique, le nombre d’avortements spontanés préalables, la parité, la saison (RRa) 1,10) et 15% de chance en plus de mener à terme leur grossesse et de donner naissance à un enfant en vie (RRa 1,15). 

Méthodologie

Il s’agit d’une analyse secondaire de l’étude prospective de cohorte Effects of Aspirin in Gestation and Reproduction (EAGeR). Des femmes âgées entre 18 et 40 ans, ayant eu un ou deux avortements spontanés ont été recrutées au sein de quatre centres médicaux américains et suivies durant au maximum six cycles menstruels si elles espéraient une grossesse ou durant leur grossesse pour celles qui étaient enceintes.

Les dosages en 25-hydroxyvitamine D ont été réalisés à l’inclusion (en pré-conception) et à la 8semaine de grossesse.

Les critères d’évaluation incluaient des données cliniques, la durée de la grossesse, les avortements spontanés et les naissances en vie.

Principales limitations

Certaines femmes prenaient des supplémentations sans que la composition soit réellement connue.

Financement

National Institute of Health and Doris Duke Charitable Foundation.