ASCO 2021 — Une pause dans les traitements du CCR est-elle sûre ?

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À retenir

  • Chez les patients atteints d’un cancer colorectal métastatique métastatique (CCRm) stable ou présentant une réponse après un traitement d’induction, un traitement d’entretien par capécitabine permet d’obtenir une survie sans progression (SSP) près de deux fois plus longue, sans bénéfice significatif en termes de survie globale (SG).
  • Ces données étayent le recours aux pauses thérapeutiques chez ces patients.
  • La capécitabine est une option raisonnable à aborder avec les patients.

Pourquoi est-ce important ?

  • Une stratégie d’entretien (capécitabine et bévacizumab après le traitement d’induction) est le traitement de référence, car il permet d’améliorer la SSP, mais pas la SG.
  • Les pauses pourraient permettre de réduire la toxicité, les coûts et les hospitalisations, mais avoir un impact négatif sur la survie.
  • Une meilleure compréhension de la sécurité d’emploi des pauses dans le cadre du CCRm est nécessaire.

Méthodologie

  • Essai FOCUS4 : programme d’essai avec stratification moléculaire (88 hôpitaux au Royaume-Uni).
  • Des patients atteints d’un CCRm nouvellement diagnostiqué stable/présentant une réponse après 16 semaines de traitement de première intention ont été inclus.
  • FOCUS4-N : 254 patients, aucune stratification moléculaire.
  • Randomisation (rapport de 1:1) : capécitabine orale contre surveillance active (SA).
  • Critère d’évaluation principal : SSP.
  • Critères d’évaluation secondaires : SG, toxicité, qualité de vie (QdV).
  • Financement : Centre de recherche sur le cancer au Royaume-Uni (Cancer Research UK), autres agences gouvernementales

Principaux résultats

  • SSP (population en intention de traiter [Intent-to-Treat, ITT]) : 3,84 mois avec la capécitabine, contre 1,87 mois avec la SA.
    • Rapport de risque corrigé (RRc) de 0,38 (P < 0,0001).
  • Tendances vers la prédiction d’un bénéfice de SSP plus important avec la capécitabine : tumeur primitive située dans le côlon gauche, PIK3CA de type sauvage, aucune perte de PTEN, aucun traitement par inhibiteurs du facteur de croissance épidermique.
  • SG (ITT) : 14,8 mois avec la capécitabine, contre 15,2 mois avec la SA.
    • RRc de 0,93 (P = 0,66).
  • Toxicité : principalement des événements de grades 1/2, plus fréquents dans le bras capécitabine (diarrhée, fatigue, nausées, syndrome mains-pieds).
  • Aucune différence significative n’a été observée au niveau de la QdV.

Commentaire d’expert

« Ces résultats démontrent qu’une stratégie d’entretien à base de capécitabine est raisonnable après une induction réussie, car elle permet d’améliorer la SSP. La puissance statistique de l’étude était insuffisante pour détecter une différence en termes de SG. Néanmoins, les résultats de l’analyse des sous-groupes sont intéressants, ce qui suggère que les patients présentant une réponse partielle au moment de la randomisation ne semblaient pas retirer un bénéfice aussi important de la capécitabine que ceux présentant une maladie stable au moment de la randomisation », a indiqué Wen Wee Ma, professeur d’oncologie à la clinique Mayo (Mayo Clinic).