ASCO 2021 — Tumeurs rares et mutations fréquentes : l’ALK comme cible thérapeutique dans le cadre du neuroblastome de l’adulte

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À retenir

  • Chez les patients atteints d’un neuroblastome de l’adulte (NA), l’administration d’inhibiteurs de la kinase du lymphome anaplasique (Anaplastic Lymphoma Kinase inhibitor, ALKi) peut constituer une option thérapeutique bien tolérée qui améliore le délai jusqu’à la progression.
  • Le traitement par ALKi en série n’est pas exclu si une résistance à un agent se développe.

Pourquoi est-ce important ?

  • Le NA est rare, difficile à traiter et presque invariablement mortel.
  • Le NA est riche en mutations du gène ALK, qui sont des cibles médicamenteuses attrayantes.
  • L’utilisation d’ALKi n’avait jamais été rapportée dans le cadre du NA.

Méthodologie

  • Une revue rétrospective a été réalisée à partir de patients adultes (âgés de plus de 18 ans au moment du diagnostic) ayant consulté au Centre de cancérologie Memorial Sloan Kettering (Memorial Sloan Kettering Cancer Center, MSKCC) au cours de période 2014–2020.
  • La réponse aux ALKi selon les critères internationaux de réponse dans le cadre du neuroblastome (International Neuroblastoma Response Criteria), la survie sans progression (SSP) et la survie globale (SG) ont été évaluées.

Principaux résultats

  • 52 patients atteints d’un NA ont été examinés au MSKCC au cours de la période 1979–2000.
  • 23 patients ont été évalués : 14 (61 %) présentaient des mutations somatiques du gène ALK et 7 recevaient des ALKi.
  • Le traitement était généralement bien toléré, et l’arrêt du traitement permettait de résoudre les événements indésirables (EI).
  • EI rapportés : des nausées/vomissements (six patients) et des symptômes neurologiques (trois patients).
  • Le lorlatinib était l’agent le mieux toléré.
  • Quatre patients ont été traités par plus d’un ALKi en raison d’une maladie progressive ou d’une intolérance.
  • Une réponse radiographique objective a été observée chez cinq des sept patients.
  • Un bénéfice clinique a été observé chez six des sept patients.
  • Le délai médian jusqu’à la progression était de 15,5 mois.
  • La SG médiane était de 46,5 mois.

Commentaire d’expert

« Cette étude révèle des taux de réponse remarquables lorsque le traitement adapté est appliqué au bon variant. Les données suggèrent qu’un sous-ensemble de cancers du système nerveux central (SNC) est régi et peut dépendre de voies spécifiques pouvant être ciblées, mais il s’agit de tumeurs extrêmement rares et des analyses moléculaires spécifiques de la tumeur sont nécessaires. De plus, il convient de prêter attention aux profils de toxicité de ces médicaments, car ils peuvent affecter de manière significative la qualité de vie. Je pense donc pouvoir dire que l’ère de la médecine de précision s’ouvre enfin pour la neuro-oncologie », a déclaré Jaishri Blakeley, professeure de neurologie à l’Université Johns Hopkins (Johns Hopkins University), aux États-Unis.