ASCO 2020 — Un traitement de deuxième intention par pyrotinib-capécitabine est lié à un bénéfice de SSP dans le cadre du CSm HER2+


  • Elena Riboldi — Agenzia Zoe
  • Oncology Conference reports
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À retenir

  • L’association pyrotinib et capécitabine, comparativement à l’association lapatinib et capécitabine, permet d’obtenir une amélioration statistiquement significative de la survie sans progression (SSP) après un traitement par trastuzumab et chimiothérapie, chez des patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique (CSm) à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain positif (Human Epidermal Growth Factor Receptor 2-positive, HER2+).

Pourquoi est-ce important ?

  • De multiples traitements ciblant HER2 sont disponibles dans le cadre du CSm HER2+. Cependant, en raison de la résistance aux médicaments, des traitements alternatifs sont nécessaires.
  • Associé à la capécitabine, le pyrotinib, un inhibiteur pan-HER irréversible, a montré des bénéfices cliniquement significatifs dans des essais de phases I et II.
  • Le pyrotinib a été autorisé comme traitement de deuxième intention de référence du CSm HER2+ en Chine.

Protocole de l’étude

  • L’essai de phase III PHOEBE a inclus 267 patientes atteintes d’un CSm HER2+ traitées par trastuzumab et taxanes et/ou anthracyclines. Un maximum de deux lignes antérieures de chimiothérapie pour la maladie métastatique était autorisé.
  • Les patientes ont été affectées de manière aléatoire (1:1 ; stratification selon le statut des récepteurs hormonaux et les lignes antérieures de chimiothérapie) pour recevoir du pyrotinib ou du lapatinib associé à de la capécitabine.
  • Critère d’évaluation principal : la SSP (revue centrale indépendante en aveugle).
  • Il s’agit d’une analyse intermédiaire planifiée.
  • Financement : Jiangsu Hengrui Medicine.

Principaux résultats

  • La survie sans progression (SSP) médiane était de :
    • 12,5 mois (IC à 95 % : 9,7–non atteinte) avec l’association pyrotinib et capécitabine ; contre
    • 6,8 mois (IC à 95 % : 5,4–8,1 mois) avec l’association lapatinib et capécitabine.
  • Le rapport de risque (RR ; 0,39 ; IC à 95 % : 0,27–0,56) remplissait le critère de significativité statistique.
  • Un allongement de la SSP a également été observé avec l’association pyrotinib et capécitabine chez les patientes atteintes d’une maladie résistante au trastuzumab.
  • Les données de survie globale (SG) n’étaient pas arrivées à maturité, mais la tendance favorisait l’association pyrotinib et capécitabine.
  • Les événements indésirables liés au traitement de grade supérieur ou égal à 3 les plus fréquents étaient la diarrhée (30,6 % avec l’association pyrotinib et capécitabine ; 8,3 % avec l’association lapatinib et capécitabine) et le syndrome main-pied (16,4 % et 15,2 %, respectivement).

Commentaire d’expert

« Le pyrotinib est un nouvel inhibiteur pan-HER qui a montré une valeur clinique dans deux essais cliniques de phase III [Note de l’éditeur : PHOEBE et PHENIX] », a déclaré Aleix Prat, directeur du département d’Oncologie médicale de la clinique hospitalière de Barcelone, en Espagne. « Cependant, sa valeur dans le contexte de l’utilisation du pertuzumab, de T-DM1, du tucatinib, de DS8201a et du nératinib est moins évidente. […] Il faut se pencher sur son profil de toxicité. »