ASCO 2020 — L’association IPP et chimiothérapie permet d’obtenir un taux de RCp extrêmement élevé dans le cadre du CSTN précoce


  • Miriam Davis, PhD
  • Oncology Conference reports
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À retenir

  • Un traitement combiné par inhibiteur de la pompe à protons (IPP) et chimiothérapie est associé à un taux de réponse complète pathologique (RCp) de 71 % dans le cadre du cancer du sein triple négatif (CSTN) précoce. 
  • Ce taux est considérablement plus élevé que le taux attendu de 40 %.

Pourquoi est-ce important ?

  • Le gène FASN (acide gras synthase) est surexprimé dans 70 % des CSTN nouvellement diagnostiqués et associé à un pronostic défavorable.
  • L’utilisation d’IPP dans le cadre du CSTN est mécaniquement rationnelle en raison de l’action de ces médicaments comme inhibiteurs du gène FASN.
  • Après une mise en culture, les IPP stimulent de manière sélective l’apoptose dans les cellules du cancer du sein, sans affecter les cellules non malignes.

Protocole de l’étude

  • Un essai de phase II à groupe unique a évalué l’administration d’un IPP à forte dose (oméprazole 80 mg par voie orale 2 fois par jour) avec une chimiothérapie néoadjuvante à base d’anthracyclines et de taxanes (AC-T), avec ou sans carboplatine (à la discrétion du médecin), jusqu’à la chirurgie du cancer du sein, chez des patientes atteintes d’un CSTN précoce opérable (n = 42).
  • Critère d’évaluation principal : la RCp, définie comme l’absence de maladie invasive résiduelle au niveau du sein ou de l’aisselle chez des patientes exprimant FASN.
  • Financement : Instituts nationaux américains de la santé (National Institutes of Health, NIH) ; Fondation de recherche sur le cancer du sein (Breast Cancer Research Foundation).

Principaux résultats

  • Une surexpression de FASN a été observée dans 85 % des échantillons de CSTN précoce.
  • Le traitement combiné par IPP et chimiothérapie était associé à un taux de RCp de 71,4 % (IC à 95 % : 51,3–86,8 %) chez les patientes exprimant FASN, un taux beaucoup plus élevé que les 40 % observés habituellement.
  • Le taux de RCp global (patientes exprimant FASN et patientes n’exprimant pas FASN) était de 71,8 % (IC à 95 % : 55,1–85,0 %).
  • L’oméprazole est sûr, sans toxicités de grades 3/4.

Limites

  • Protocole à bras unique, en ouvert et non randomisé.

Commentaire d’expert

  • Ces résultats sont « intrigants et suscitent des hypothèses […] [et] […] sans toxicité supplémentaire », a déclaré Natalie Berger, MD à la faculté de médecine Icahn à l’hôpital Mount Sinai (Icahn School of Medicine at Mount Sinai), à New York, qui n’était pas impliquée dans l’étude.
  • N. Berger a déclaré qu’elle était impressionnée par le taux de RCp plus élevé que prévu, mais « une étude randomisée à plus grande échelle est nécessaire ».