ARVO : Dégénérescence maculaire liée à l’âge: plein feux sur les anomalies vasculaires

  • Dr Jean-Claude Lemaire

  • JIM Actualités des congrès
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Deux études présentées à Vancouver (1,2) se sont intéressées aux anomalies vasculaires sanguines en relation avec la Dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), une des principales causes de cécité irréversible de par le monde.

L'hypothèse de base du premier travail (1) était que des anomalies vasculaires rétiniennes précoces pouvaient être un signe avant-coureur de DMLA. Les repérer pourrait permettre un diagnostic et un traitement plus précoce.

On sait depuis longtemps que la DMLA s'accompagne de modifications d'apport sanguin dans la partie la plus externe de la rétine (plexus capillaire profond). En utilisant l'angiographie-OCT, technique d'imagerie totalement non-invasive permettant de scanner la rétine et d'étudier ses vaisseaux en 3 dimensions, les investigateurs ont documenté des anomalies vasculaires également dans le plexus capillaire superficiel de patients atteints de DMLA intermédiaire. Il s'agit d'une diminution de la densité vasculaire et d'un amincissement des vaisseaux sanguins qui y persistent, anomalies qui sont indépendantes de l'existence de Drusen. Des résultats qui indiquent donc que la DMLA concerne l'ensemble de la rétine et suggèrent que l'atteinte du plexus capillaire superficiel pourrait avoir une pathogénie différente. Les analyses ont porté sur 51 yeux normaux et 63 yeux avec DMLA intermédiaire.

Le deuxième travail (2) a testé le faricimab, un anticorps bispécifique qui cible à la fois le classique VEGF et l'angiopoïétine-2, autre facteur de la désorganisation vasculaire et de la croissance de néovaisseaux anormaux caractéristique de la DMLA néovasculaire (dite également humide).
Il s'agit de l'étude de phase II STAIRWAY qui a inclus 76 patients atteints de DMLA néovasculaire.

Selon une randomisation 2:2:1, et après administration de 4 doses d'attaque, les patients ont reçu en injection intra-vitréenne 6 mg de faricimab toutes les 16 semaines ou toutes les 12 semaines ou 0,5 mg de ranibizumab (agent ciblant uniquement le VEGF) toutes les 4 semaines.

Le critère principal de l'étude était la meilleure acuité visuelle corrigée évaluée par le score ETDRS. A 24 semaines, les 2/3 des patients traités par faricinib n'avaient plus de signes d'activité de leur DMLA et à 52 semaines le gain moyen était respectivement de 11,4/10,1/9,6 lettres pour les patients faricinib toutes les 16 semaines/faricinib toutes les 12 semaines/ranibizumab toutes les 4 semaines avec respectivement 46,4 %/33,3 %/37,5 % de patients gagnant plus de 15 lettres.

Un programme d'essais de phase 3 est en cours.