Arthrose : quel niveau de preuve pour les neutraceutiques ?

  • Aghamohammadi D & al.
  • Sci Rep
  • 1 déc. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Selon une revue et méta-analyse récente, la supplémentation en nutraceutiques, principalement associée à des traitements symptomatiques (AINS/inhibiteurs de la COX-2 et analgésiques), peut légèrement améliorer la douleur et la fonction physique chez les patients atteints d'arthrose du genou/de la hanche.

 

Les traitements pharmacologiques de l’arthrose sont symptomatiques. Les supplémentations de type nutraceutiques (nutriments sous forme pharmaceutique) sont étudiées de longue date afin d’identifier des éléments ou combinaisons d’éléments qui permettraient de réduire les symptômes, l’inflammation ou l’atteinte articulaire. Une revue et méta-analyse parue dans Scientific Reports compile toutes les études randomisées conduites ces vingt dernières années sur le sujet…

Méthodologie

La méta-analyse a pris en compte toutes les études randomisées contrôlées publiées entre 2000 et mars 2020, ayant évalué un nutraceutique en monothérapie ou en association avec un traitement anti-arthrosique conventionnel chez des adultes atteints de gonarthrose ou de coxarthrose, et dans lesquelles des données de suivi concernant les scores WOMAC et de douleur (EVA) étaient disponibles.

Principaux résultats

Les données de score total WOMAC (30 études, 2.764 patients, hétérogénéité I 2 =66,5%) confirment que la différence moyenne standardisée (DMS) est en faveur des nutraceutiques avec une réduction modeste de 0,23 points [-0,37 à -0,08] après une durée médiane de suivi de 17 semaines.

Le sous-score du domaine douleur WOMAC (28 études, 3.380 patients, hétérogénéité I 2 =92,2%) montre une DMS également favorable aux nutraceutiques (-0,36 points [-0,63 à -0,11] après une durée médiane de suivi de 16,8 semaines). Le sous-score du domaine rigidité WOMAC (29 études, 3.052 patients, hétérogénéité I 2 =88,8%) allait dans le même sens (-0,48 points [-0,72 à -0,21] après une durée médiane de suivi de 17,8 semaines), tout comme le sous-score du domaine fonction WOMAC (29 études, 2.990 patients, hétérogénéité I 2 =94,0%) avec une DMS de -0,25 points [-0,57 à -0,07] (suivi médian 17,8 semaines).

La douleur évaluée selon une échelle visuelle analogique (EVA) (23 études, 2.153 patients, hétérogénéité I 2 =86,5%) confirme que la différence moyenne standardisée (DMS) est en faveur des nutraceutiques avec une réduction de 0,79 points [-1,06 à -0,52] après une durée médiane de suivi de 15,35 semaines.

Les données en sous-groupes suggèrent que la majorité de l’efficacité des suppléments nutraceutiques est observée pour des durées de supplémentation de 10 à 20 mois et principalement pour les patients présentant une gonarthrose.

Reste que les études étaient hétérogènes et présentaient parfois des biais méthodologiques. Enfin, l’analyse a inclus des produits dont la nature et les propriétés étaient variées et plus ou moins démontrées (extraits de Boswellia serrata, de Liane du Pérou, protéines de lactosérum, mélange de minéraux, glucosamine, vitamine D…). De nouvelles études seraient donc nécessaires