Arthrose fémoro-tibiale : un seul cliché suffit !

L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. Inscrivez-vous gratuitement

Dans le cadre du diagnostic de la gonarthrose fémoro-tibiale, des experts français ont évalué l’apport d’un cliché du genou de face en charge en extension à un cliché en semi-flexion (dit en schuss et constituant la référence actuelle), par rapport à un cliché en schuss seul.

Méthodologie

  • Des sujets âgés de 40 à 75 ans, atteints d’arthrose symptomatique de la hanche et/ou du genou (de stade ≥2 selon la classification de Kellgren) ont été recrutés à partir de 3.000 sujets identifiés par l’enquête nationale de prévalence de l’arthrose conduite en France entre avril 2007 et mars 2009.
  • Des clichés de face en extension et en schuss ont été réalisés et lus initialement par un seul lecteur expérimenté qui ne connaissait ni les résultats de l’examen clinique, ni ceux des questionnaires auxquels les patients devaient répondre. Deux ans plus tard le même examinateur a lu les incidences en schuss, sans prendre connaissance des résultats de la première lecture.
  • La comparaison a porté sur les scores de KL (Kelgren et Lawrence) de chaque genou, mais aussi de façon indépendante sur les ostéophytes et les pincements de l’interligne articulaire (JSN).
  • L’influence de l’obésité a également été évaluée.

Résultats

  • Sur les 350 patients atteints d’arthrose à différents stades ayant participé aux analyses, 257 étaient des femmes et 93 des hommes, d’âge moyen 58 ans.
  • Parmi eux, 138 déclaraient leur genou droit plus symptomatique et 100 leur genou gauche.
  • Le recours à deux clichés associés permettait de détecter un plus grand nombre de stades KL≥2 qu’un seul cliché en schuss pour le côté droit (p=0,0001) et gauche (p=0,001).
  • Pour la mesure du pincement articulaire et la détection des ostéophytes, il n’a été mis en évidence aucune différence entre le cliché en schuss seul et l’association du cliché en extension et du cliché en schuss.
  • Le cliché en schuss seul a montré une meilleure aptitude à détecter la présence d’un pincement fémoro-tibial par rapport au cliché en extension seul (p=0,0001 pour chacun). En revanche aucune différence entre ces deux clichés n’a été observée pour la détection des ostéophytes.

À retenir

Les résultats de cette étude montrent que le cliché en schuss est suffisant à lui seul pour détecter la présence d’ostéophytes et d’un pincement articulaire. Ainsi, en pratique clinique, l’utilisation d’un seul cliché radiographique permettrait d’améliorer la radioprotection pour un coût économique moindre.