Arrêt cardiaque chez les jeunes : inexpliqué… vraiment ?

  • Allan KS & al.
  • J Am Heart Assoc
  • 22 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une étude canadienne exhaustive menée durant 3 ans dans la région de Toronto, les arrêts cardiaques extra-hospitaliers enregistrés touchant les individus de 2 à 45 ans sont rarement totalement inexpliqués : en effet, la plupart des cas sont apparus associés à des facteurs de risque cardiovasculaire déjà identifiés, à certaines pathologies psychiatriques ainsi qu’à l’usage de certains médicaments ou substances. Ainsi, 68% des évènements avaient concerné des sujets présentant des antécédents médicaux cardiaques et 20% des antécédents médicaux psychiatriques.

Contrairement à une idée souvent répandue, favorisant leur médiatisation, les arrêts cardiaques surviendraient donc pour la plupart dans des circonstances identifiables, intéressant le clinicien dans une démarche de prévention ou de surveillance.

Principaux résultats

  • L’étude a permis de recenser 2.937 arrêts cardiaques chez des sujets de 2 à 45 ans. Parmi eux, 2.159 ont été associés à une étiologie autre (overdoses, traumatismes, suicides, accidents de la route, pathologie aiguë non cardiaque…), tandis que les 608 autres étaient des arrêts cardiaques subits, parmi lesquels 120 ont survécu (19,7%).

  • Les 608 cas avaient concerné des jeunes d’âge moyen 35,4 ans, de sexe masculin dans 76,3% des cas. Parmi les 582 sujets pour lesquels l’historique médical était disponible, 67,9% présentaient déjà un diagnostic de maladie cardiaque ou recevaient au moins un traitement à visée cardiaque et 20% présentaient une pathologie psychiatrique. Au total, au moins un traitement cardiotrope ou visant le SNC était en cours au moment de l’évènement dans 61,7% des cas.

  • Parmi les 608 arrêts cardiaques, 40% ont été attribués à une coronaropathie, 28,6% à une pathologie structurelle du myocarde et 2,5% à une autre origine cardiaque. Ainsi, 16,1% des cas étaient considérés comme étant une mort subite inexpliquée. Parallèlement, 31,1% des cas ayant fait l’objet d’une analyse toxicologique (n=399) ont mis en évidence au moins un médicament ou substance, principalement l'éthanol (n=50), des opioïdes (n=26) ou de la cocaïne ou un de ses métabolites (n=16), ainsi que des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) (n=18), des benzodiazépines (n=16) et des antagonistes dopaminergiques (n=13), l'ensemble de ces produits étant considérés comme contributifs, et non responsables du décès.

  • Chez les moins de 35 ans, les maladies coronariennes étaient moins fréquentes (16,4% vs 52,7%, pvs 26,3%, p= 0,09 et 31,5% vs 7,8%, p

  • Les hommes présentaient plus souvent une maladie coronarienne et moins souvent une pathologie structurelle du myocarde que les femmes (respectivement 43,5% vs 28,5% et 26,7% vs 34,7%). Les femmes présentaient, elles, plus souvent une mort subite inexpliquée (21,5% vs 14,4%, p=0,04).

  • Enfin, 23,0% des arrêts cardiaques étaient attribuables à des cardiopathies potentiellement héréditaires tandis que 52,8% des cas étaient attribuables à une maladie cardiaque acquise.