Après un TAR LASER, CRISPR-Cas9 élimine définitivement le VIH chez les souris humanisées infectées


  • Daniela Ovadia — Agenzia Zoe
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Chez les souris humanisées infectées par le VIH-1, le traitement séquentiel par traitement antirétroviral à libération lente et à action prolongée (TAR LASER) et CRISPR-Cas9 permettent d’obtenir une clairance virale dans les réservoirs infectieux latents.
  • Le virus n’est pas détecté dans le sang ni les tissus chez un tiers des animaux recevant le double traitement, tandis que le VIH-1 est facilement détecté chez les souris ne recevant qu’un seul traitement.
  • Les résultats valident le principe de la possibilité d’une élimination virale permanente et laissent supposer qu’une restriction virale maximale doit dans un premier temps être établie pour obtenir une modification virale optimale avec CRISPR-Cas9.

 

Le TAR restreint l’infection à VIH-1, mais il est établi qu’il n’élimine pas les copies intégrées d’ADN proviral du génome hôte et qu’il se produit une réactivation virale à l’arrêt du traitement. Le TAR LASER facilite l’inhibition durable de la réplication virale. De fait, avec des concentrations médicamenteuses efficaces dans le sang et les tissus, les réservoirs viraux peuvent être maintenus pendant des semaines grâce aux nanoparticules antirétrovirales lipophiles hydrophobes à action prolongée. Toutefois, le TAR LASER à lui seul ne permet pas d’éliminer chez l’hôte infecté le VIH-1 latent. Les auteurs ont cherché à déterminer si ce traitement, combiné à la technologie d’édition génomique basée sur CRISP-Cas9 peut favoriser l’élimination virale.

Des souris NSG reconstituées avec des cellules souches hématopoïétiques humaines (n=33), capables de produire des lymphocytes T humains sensibles à l’infection à VIH, ont été infectées par le VIH-1 pendant 2 semaines et l’infection virale a été confirmée chez 4 animaux sacrifiés. Les 29 animaux restants ont été répartis en 4 groupes : groupe non traité (n=6, témoin VIH-1) ; injection intraveineuse unique d’AAV9-CRISPR-Cas9 (n=6) 9 semaines après l’infection virale ; injection intramusculaire de TAR LASER (n=10) 2 semaines après l’infection virale ; TAR LASER suivi d’AAV9-CRISPR-Cas9 (n=7) 3 semaines après le dernier TAR LASER.

L’évaluation de la charge virale plasmatique a montré qu’après l’administration d’AAV9-CRISPR-Cas9, 2 des 7 souris n’avaient aucun signe de rebond viral à 14 semaines.

L’ADN et l’ARN viraux n’ont été décelés dans le plasma, le tissu lymphoïde, la moelle osseuse ou l’encéphale (amplification en chaîne par polymérase nichée et numérique à gouttelettes et tests RNAscope) chez aucune des souris.

Aucun effet hors cible médié par CRISPR-Cas9 n’a été relevé.

Le VIH-1 a facilement été détecté après le TAR LASER ou le traitement par CRISPR-Cas9 administrés seuls.

Les auteurs ont validé l’éradication de l’infection à VIH-1, avec deux tests répliqués indépendants dans des groupes de souris différents. Globalement, les résultats ont révélé qu’un tiers ou plus des animaux ayant reçu un traitement séquentiel par TAR LASER et CRISPR-Cas9 étaient exempts du virus.

Finalement, les immunocytes humains chez les souris ayant reçu les deux traitements ont été utilisés dans le transfert adoptif chez les animaux exempts du virus, ce qui n’a pas produit de virus descendant infectieux.

Les données appuient l’idée selon laquelle une restriction virale maximale doit être d’abord être établie avant l’excision afin d’obtenir une modification virale optimale avec CRISPR-Cas9.

Bien que d’autres études soient nécessaires, ces résultats de validation de concept apportent des voies facilement définies et réalistes vers des stratégies pour l’élimination du VIH-1.