Apport des unités dédiées aux patients porteurs de bactéries hautement résistantes


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Suite à l’accueil de 24 patients infectés par des bactéries hautement résistantes et émergentes (BHRe), l’hôpital Raymond Poincaré (Garches) a mis en place une unité de soins dédiée visant à sécuriser la prise en charge des patients par des professionnels spécifiques. Les référents de l’unité viennent de publier une Lettre à la rédaction dans Médecine et Maladies Infectieuses . Elle offre un tour d’horizon des principes de prise en charge qui y sont appliqués, ainsi qu’une évaluation à 2 ans de la perception de la qualité des soins par les acteurs et de l’efficience de la prise en charge.

Satisfaction globale, taux d’occupation perfectible

À partir des 37 entretiens qualitatifs conduits (3 patients, 27 professionnels, 4 encadrants, 3 membres de la direction), la prise en charge apparaît très satisfaisante pour les patients et la taille du secteur est évaluée comme adaptée à la délivrance de soins de qualité selon les médecins. Cependant, les patients ne connaissent pas toujours la spécificité de l’unité et les soignants ne rapportent pas majoritairement une plus importante disponibilité relationnelle vis-à-vis des patients. Par ailleurs, certains médecins relèvent que la prise en charge peut être plus complexe, du fait de la difficulté d’accès aux plateaux techniques ou spécialités adéquats, adaptés à leur besoin.

L’unité, géographiquement distincte des autres, possède une capacité d’accueil de 5 patients en chambre individuelle, avec toilettes individuelles, qui peut être étendue à 8 si nécessaire. Les patients qui y séjournent sont notamment pris en charge par une équipe paramédicale dédiée, avec les médecins des différentes spécialités. Le principe de marche en avant (non-croisement des éléments propres et souillés) est appliqué.

Une telle unité « permet de rationaliser la répartition des professionnels et d’alléger les contraintes des autres unités de soins de l’hôpital » soulignent les auteurs, qui en dressent parallèlement un bilan positif sur le plan médico-économique, au regard des coûts qui auraient été nécessaires dans le cadre d’un autre secteur. Si des « marges d’optimisation » existent, notamment pour améliorer son taux d’occupation, ces unités, encore peu développées, répondent à des besoins croissants auxquels les établissements doivent apporter des réponses.