Applications mobiles dans le domaine du diabète : position de l’IDF Europe

  • Rose KJ & al.
  • Diabetes Res Clin Pract
  • 7 sept. 2017

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Avec 60 millions d’individus atteints de diabète en Europe et 32 millions supplémentaires à risque d'en développer un, cette pathologie intéresse tout particulièrement les sociétés qui développent des applications.

L’International Diabetes Federation European Region (IDF Europe) est une entité représentative de 70 associations nationales, et de professionnels de santé issus de 47 pays. Supportant tout particulièrement l’innovation médicale, elle évalue les nouveautés technologiques dans le domaine de la diabétologie d’un point de vue psychologique, de la motivation des individus et du changement des habitudes de vie. Elle tient compte également de leur application sur la prise en charge du diabète, les liens entre patients et professionnels de santé et le respect de l’éthique.

Pouvoir répondre à la demande de manière précise

L’une des clés de succès des applications quel que soit le domaine est la compréhension des besoins des consommateurs. Pour cela il faut commencer à définir les principales cibles et leurs besoins. L’IDF Europe en met en évidence cinq : les diabétiques de type 1, les diabétiques de type 2, les enfants versus les jeunes adultes et seniors, les femmes souffrant de diabète gestationnel et les utilisateurs d’insuline versus les autres. 

Quantité ne rime pas toujours avec qualité …

Face au peu d’études de bonne qualité permettant d’évaluer l’efficacité, la faisabilité, l’acceptabilité de ces technologies, l’IDF appelle à la réalisation d’essais randomisés. Car malheureusement encore trop d’applications n’ont pas été évaluées selon des critères médicaux pertinents. 

Sécurité des données personnelles

La protection des données personnelles constitue un enjeu majeur. Elle a été renforcée par le règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen en 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données. Son application était fixée au 25 mars 2018.

Les recommandations de l’IDF Europe

Ainsi on comprend l’intérêt de directives encadrant le développement et la mise à disposition d’applications dans le domaine médical. L’IDF Europe a élaboré des recommandations à 4 niveaux :

  • Au niveau individuel : l’IDF Europe recommande aux individus de se renseigner sur les entreprises qui développent et mettent à disposition des applications. Beaucoup n’ont pas de compétences dans le domaine médical ou ne se sont pas rapprochées d’experts médicaux, ce qui peut parfois conduire à des outils qui véhiculent des informations inutiles ou fausses. L’IDF Europe invite les individus à identifier le but premier d’une application afin de juger si elle peut ou non répondre à leur attente. Puis, elle incite les utilisateurs à la tester et à comparer ses résultats avec ceux des outils communément utilisés. Elle rappelle que les applications pour smartphone peuvent venir en complément du suivi et des rendez-vous avec des professionnels de santé, mais ne doivent pas se substituer à ces derniers. 
  • Au niveau des professionnels de santé : quelle que soit l’opinion du professionnel de santé, celui-ci doit s’intéresser aux applications adoptées par ses patients. Ainsi, il est essentiel qu’il connaisse les applications les plus populaires et les plus fiables disponibles. 
  • Au niveau politique : l’IDF Europe met en évidence le fait qu’encore trop peu de pays européens ont adopté une politique nationale régissant l’utilisation des médias sociaux dans les professions de santé et une réglementation sur l’utilisation des big data par des entreprises privées. L’IDF Europe met également en exergue les problèmes d’accès des individus à leurs propres données médicales. Elle appelle à un engagement politique fort au niveau des nations afin de mettre en place une stratégie locale qui renforce une santé publique centrée sur le patient.
  • Au niveau des développeurs d’applications : les sociétés en question devraient consulter les patients et les associations de patients lors du développement et de l’amélioration de leurs applications. L’efficacité, l’utilisation et l’impact de celles-ci devraient être évalués avant leur mise à disposition. Le développement d’applications utilisables à la fois par les professionnels de santé et les patients doit être favorisé pour conserver et/ou développer les liens entre ces deux populations.