Appel à manifestations d'intérêt de l’ANR sur le thème « Antibiorésistance : comprendre, innover, agir »


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Le 9 janvier dernier, un appel à manifestation d’intérêt (AMI) « Antibiorésistance : comprendre, innover, agir » a été initié par le Secrétariat Général pour l’Investissement. L’objectif est de rassembler les propositions et de fédérer les équipes autours de projets de recherche ambitieux, structurants, d’une durée de 3 à 6 ans, et financés chacun à hauteur de 1 à 3 millions d’euros. Ils devront faire émerger des innovations diagnostiques, préventives et thérapeutiques permettant d’améliorer l’usage des antibiotiques.

L’AMI qui vient d’être publié représente une première phase de recensement non sélective qui doit permettre d’identifier les projets de recherche et d’innovation. Les réponses doivent parvenir avant le 31 mars 2020 à 11 heures. Son pilotage scientifique sera assuré par l’Inserm. L’institut réunira dans la foulée l’ensemble des déposants dans le cadre d’une réunion de concertation visant à encourager la formation de consortiums multidisciplinaires. La phase d’appel à projets proprement dite sera ensuite lancée, dans le cours du deuxième trimestre 2020.

Le dossier synthétisant les objectifs et attendus de l’AMI insiste sur la nécessité de la conception "One Health" de ces projets : ils ne doivent pas dissocier l‘Homme de son environnement (animal, alimentation et environnement) et doivent à la fois être transversaux – depuis la recherche fondamentale à la recherche appliquée – , interdisciplinaires et holistiques.

Quatre axes thématiques pour un défi de taille

La France est le principal pays consommateur d’antibiotiques en Europe et en consomme jusqu’à trois fois plus que les Pays-Bas. En conséquence, l’antibiorésistance et la multirésistance aux antibiotiques sont des enjeux importants dans notre pays. Malgré les efforts réalisés ces dernières années, le seul développement de nouveaux antibiotiques ne suffira pas à résoudre les difficultés nationales. Il est nécessaire de trouver de nouvelles stratégies et de nouvelles approches, différentes de ce qui a pu être fait depuis 60 ans.

Les projets attendus devront s’articuler autour de quatre grandes thématiques :

  • Dynamiques et contrôle de l’émergence, de la transmission et de la dissémination de l’antibiorésistance (bactéries et éléments génétiques mobiles, contrôle et maîtrise des pressions de sélection environnementale, en particulier l'usage des antibactériens…) ;
  • Optimisation de l’usage des antibiotiques en médecine humaine et vétérinaire : sont attendus le développement de nouveaux outils, méthodes ou stratégies qui améliorent la pertinence des prescriptions d’antibiotiques (différenciation rapide les infections bactériennes d'autres types d'infection), qui permettent une caractérisation rapide du microorganisme pathogène et de ses mécanismes de résistance ou de sa sensibilité, une minimisation de l’impact de la prise en charge sur les microbiomes humains, animaux et environnementaux, un contrôle du risque épidémique, une amélioration des stratégies d’utilisation et de prescription des antibiotiques.
  • Déterminants individuels, ethnologiques et sociologiques, économiques, politiques et culturels de l’antibiorésistance : la volonté est de mieux comprendre les processus de décision, d’identifier les leviers favorisant de meilleures pratiques de prescription et d’utilisation, de prévention et de contrôle de l’infection, et d’éviter le rejet des antibiotiques dans l’environnement
  • Innovation thérapeutique, avec pour objectif de voir émerger de nouvelles stratégies thérapeutiques, préventives et curatives, permettant de palier au développement de l’antibiorésistance, via une approche holistique intégrant les considérations environnementales, une déclinaison animale et une dimension santé humaine.