Appel à l'augmentation des ressources et à la volonté politique pour lutter contre le phénomène de résistance aux antibiotiques en Europe

  • Tacconelli E, Pezzani MD.
  • Lancet Infect Dis
  • 5 nov. 2018

  • Par Priscilla Lynch
  • Actualités Médicales
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La lutte contre le fardeau croissant de la résistance aux antibiotiques (résistance bactérienne) en Europe nécessite une approche plus urgente et coordonnée incluant des actions politiques et des ressources dédiées, si l'on en croit un commentaire publié dans le journal scientifique The Lancet Infectious Diseases.

La résistance aux antibiotiques représente l'un des défis majeurs du 21ème siècle, mais la grande hétérogénéité des données de surveillance ainsi que la pauvreté des estimations sur son impact sociétal contribuent à notablement sous-estimer le fardeau pesant sur la santé publique, déclarent les auteurs de l'article.

Ils citent une nouvelle étude indiquant que le fardeau estimé dû aux infections par des bactéries résistant aux antibiotiques dans l'UE et l'EEE a augmenté depuis 2007, atteignant un niveau substantiel en comparaison d'autres maladies infectieuses, provoquant environ 33 110 décès chaque année.

Bien que les auteurs admettent que s'attaquer au problème de la résistance aux antibiotiques est complexe, et que divers acteurs internationaux se sont longtemps efforcés de réduire ce fardeau de santé publique, « L'extension et la gravité de la situation actuelle ne peuvent être résolues sans la mise en œuvre d'une approche globale plus centralisée, avec un rôle décisif du Parlement européen. »

Cette approche pourrait voir le jour grâce à divers mécanismes juridiques, comme des normes clairement définies en matière d'utilisation des antibiotiques dans les hôpitaux et les centres communautaires ; l'établissement d'une zone d'alerte (par ex., un niveau critique de résistance qui imposerait la mise en œuvre d'actions urgentes au niveau national) en cas de résistance à des antibiotiques définis dans le contexte d'infections invasives ; l'établissement d'au moins une norme obligatoire de référence relative aux mesures de contrôle des infections ; la définition de programmes d'études obligatoires des universités de médecine pour le contrôle des infections et l'utilisation raisonnée des antibiotiques ; et la mise au point d'indicateurs appropriés pour surveiller l'implémentation et l'efficacité des interventions.

Les objectifs annuels définis dans le cadre de plans nationaux devraient être débattus dans leur globalité, interconnectés et coordonnés, ajoutent les auteurs, et des mesures devraient être appliquées si les pays ne respectent pas les objectifs validés.

Cette approche se fonde sur l'exemple des mesures prises par le Parlement européen pour combattre avec succès la pollution de l'air et réduire le fardeau de santé publique qui en résulte, précisent les auteurs de l'article.

Une journée de sensibilisation européenne sur les antibiotiques (European Antibiotic Awareness Day) a eu lieu le 18 novembre.