Appareils à visée esthétique : une réglementation loin d’être au poil

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Paris, le lundi 20 mars 2017 - Nous l'avons suivi sur le JIM, un contentieux juridique oppose depuis plusieurs années les médecins et les esthéticiens concernant l'épilation par lumière pulsée ou par laser. Les premiers estiment en effet que cette pratique doit leur être réservée et ont le plus souvent obtenu gain de cause auprès des tribunaux. Ce "monopole" des professionnels de santé s'explique notamment par l'existence d'effets indésirables non négligeables associés à ces techniques. Cependant, ce n'est désormais plus seulement dans les instituts de beauté que le grand public peut être exposé à des appareils à visée esthétique potentiellement dangereux. De plus en plus de dispositifs, utilisant le froid, le chaud ou la lumière notamment à des fins d'épilation sont désormais commercialisés pour un usage domestique. Cette prolifération inquiète de longue date les autorités sanitaires, parce que cette diffusion ne connaît guère de contraintes réglementaires. « De nombreux appareils sont utilisés directement sur des personnes sans avoir fait l'objet d'études rigoureuses, concernant leur mode d'action et les risques liés à leur emploi, aussi bien pour le public exposé que pour les professionnels réalisant les actes à visée esthétique » relève la Direction générale de la Santé (DGS). Face à ce phénomène, des mesures ont déjà été prises. Ainsi, un décret avait été promulgué en 2011 interdisant certaines techniques de lyse adipocytaire. Aujourd'hui, saisie par la DGS, la Direction générale du travail (DGT), la Direction générale de la prévention des risques (DGPR) et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) a rendu un avis sur les appareils « mettant en œuvre des agents physiques destinés à la pratique des actes à visée esthétique ».

Des effets indésirables légers systématiques

Un important travail d'analyse a été réalisé qui a notamment porté sur 431 études, dont les résultats n'ont cependant été jugés de qualité suffisant...