Apnée du sommeil : une véritable diversité européenne, selon la cohorte ESADA

  • Anttalainen U & al.
  • Sleep Breath
  • 22 nov. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une nouvelle analyse de la base de données européenne ESADA, consacrée au syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS), l’existence de plusieurs phénotypes de la maladie serait confirmée, associée d’une part à une disparité géographique indépendante de l’âge, du sexe ou de l’IMC, et d’autre part à un risque cardiovasculaire associé différent. Ainsi, les patients présentant un phénotype de SAOS caractérisé par des insomnies fréquentes auraient un risque accru par rapport aux autres. Ces données sont importantes pour appréhender l’importance de la maladie selon les pays européens et la façon dont elles sont prises en charge.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

L’apnée obstructive du sommeil est une maladie hétérogène qui peut être associée à des symptômes diurnes ou nocturnes disparates. Dans une précédente étude menée à partir de la cohorte ESADA, il existerait 4 phénotypes : sans somnolence ou insomnie, avec somnolence diurne isolée (SD), avec insomnie isolée (I), avec somnolence diurne et insomnie (SDI), sachant que l’insomnie est associée à une prévalence supérieure de maladies cardiovasculaires qui n’est pas liée spécifiquement à la sévérité du SAOS. Dans cette nouvelle analyse de cohorte, les contributeurs du groupe ESADA ont cherché à évaluer si ce sur-risque cardiovasculaire pouvait s’expliquer par l’hypoxie nocturne et si la répartition de ces quatre phénotypes était la même dans toutes l’Europe.

Méthodologie

ESADA est une étude de cohorte menée par plusieurs centres issus de 16 pays européens depuis 2005 avec l’objectif de décrire les pratiques et de disposer d’une base de données européenne sur le SAOS. Tous les patients adressés pour une suspicion de syndrome d’apnées ont été inclus, investigués et pris en charge selon les pratiques locales.

Principaux résultats

  • La cohorte comprenait 19.556 patients, dont 17.325 pour lesquels on disposait de données complètes.

  • Les formes associées à l’insomnie (SAOS-I et SAOS-SDI) réprésentaient 58,6% de tous les cas au niveau européen. Le phénotype de SAOS-I était le plus fréquent dans toutes les zones européennes, représentant globalement 33,6% des cas, répartis entre 29,2% des cas dans les pays d’Europe Centrale jusqu’à 36,5% dans les pays du Nord. Seuls les pays de l’Ouest (23,0%) présentaient plus volontiers des phénotypes SAOS-SD et SAOS-SDI, représentant 25,4% et 29,9% des cas.

  • Les femmes représentaient 26,2% (Est) à 35,6% (Nord) des cohortes des différentes zones européennes. Dans les pays de l’Ouest, les patients étaient plus jeunes, mais aussi plus souvent obèses ou avec une somnolence diurne plus sévère que dans les autres régions. Enfin, le SAOS semblait en moyenne plus sévère dans les pays du Sud et plus modéré dans ceux du Nord.

  • Le risque cardiovasculaire était associé à la diminution de la saturation moyenne en oxygène selon une analyse de régression logistique intégrant l’âge, le sexe, le tabagisme, l’IMC et la région d’appartenance. Ainsi, dans les phénotypes associés à l’insomnie une diminution de SaO2 de 5% conduisait à une augmentation du risque cardiovasculaire associé de 10,5%.

Principales limitations

La définition de l’insomnie ne s’appuyait pas toujours sur les critères DSM ou ICD.

Financement

L’étude bénéficie d’un financement européen.