Apnée du sommeil : faut-il traiter les stades légers par ventilation ?

  • Wimms AJ & al.
  • Lancet Respir Med
  • 2 déc. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une étude randomisée britannique, trois mois d’utilisation de la ventilation à pression positive continue (CPAP) améliore la qualité de vie des patients souffrant de syndrome obstructif d’apnée du sommeil (SAOS) au stade léger, par rapport à une prise en charge conventionnelle. Ainsi, la vitalité – critère principal d’évaluation de l’efficacité choisi parce qu’il est le paramètre de qualité de vie le plus sensible à l’amélioration de la prise en charge dans les stades modérés à sévères – est augmentée, ainsi que plusieurs autres paramètres de qualité de vie (critères secondaires) parmi lesquels la somnolence ( échelle d’Epworth, ESS ). Le bénéfice de la ventilation est observé sur l’ensemble du spectre de sévérité présenté dans la cohorte (depuis la limite de la normale jusqu’à la limite du stade modéré) et la satisfaction exprimée par les patients est élevée.

L’éditorial qui accompagne cet article remarque que cette étude est une première pierre pour une approche plus personnalisée de la maladie dans laquelle les phénotypes légers, mais exprimant une gêne significative, pourraient bénéficier d’approches jusqu’à présent réservées aux stades plus sévères.

Comparaison de la ventilation à un groupe contrôle

Dans cette étude, des patients britanniques de 18-80 ans, reçus dans l’un des 11 centres de sommeil participants pour l’exploration de leur SAOS, ont été recrutés lorsqu’ils présentaient un indice AHI (apnées-hypopnées) compris entre 5 et 15 par heure. Ceux qui acceptaient de participer étaient randomisés (1:1) entre une prise en charge conventionnelle seule ou associée à une CPAP durant 3 mois. Ils étaient ensuite invités à une nouvelle consultation médicale. Les différents questionnaires d’évaluation ont été complétés à l’inclusion et à l’issue du suivi.

Quatre patients sur 5 souhaitent poursuivre le traitement

Au total, l’étude a inclus et suivi 233 participants (âge moyen 50,4 ans, 30,5% de femmes, IMC moyen 30,2 kg/m²), avec un index AHI médian de 10,1 événements par heure et une vitalité initiale (selon le questionnaire SF-36) de 43,1 points (sur 100) et une somnolence de 10,0 points (sur 24). 

Dans le groupe CPAP, l'utilisation médiane de la ventilation était de 4,0h sur 3 mois avec un index AHI résiduel de 1,5 événement par heure.

Après 3 mois, la variation moyenne ajustée du score de vitalité était de 7,5 points dans le groupe CPAP et de 0 pour le groupe contrôle soit un effet de 7,5 points (p Insomnia Severity Index ) et fonctionnalité (questionnaire FOSQ). Parmi les différentes composantes du score SF-36, seule la composante physique n'a pas été significativement améliorée dans le groupe CPAP.

À l’issue de l’essai, 81% des participants du groupe CPAP ont exprimé le souhait de poursuivre la ventilation. Enfin, 3 événements indésirables graves ont été enregistrés au cours du suivi, dont un dans le groupe CPAP, mais aucun n’était lié au traitement.