Aortite : quel rôle pour la TEP-TDM ?

  • Dr Philippe Tellier

  • JIM Actualités médicales
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Le terme générique d'aortite englobe un vaste spectre de maladies infectieuses ou inflammatoires qui ont pour cible les diverses tuniques de la paroi aortique. Les exemples qui viennent immédiatement à l'esprit sont l'artérite à cellules géantes de Horton et la maladie de Takayasu, mais il peut aussi agir d'une atteinte infectieuse, bactérienne notamment, dont le diagnostic est souvent difficile. Dans tous les cas de figure, le processus inflammatoire peut conduire à des altérations sévères de la paroi aortique qui expose à des complications vasculaires potentiellement létales, ce qui justifie un diagnostic et une prise en charge thérapeutique rapides.

L'imagerie morphologique joue un rôle important dans la détection des maladies de l'aorte, mais elle peut manquer de sensibilité quand l'atteinte pariétale est d'abord et avant tout inflammatoire, précédant les dégâts anatomiques qui la rendent accessible aux investigations classiques.

La tomographie par émission de positons, couplée à la tomodensitométrie (TEP-TDM) est de plus en plus recommandée dans les cas difficiles où la suspicion du diagnostic est étayée par un faisceau d'arguments qui n'emportent pas la conviction. Le médicament radiopharmaceutique utilisé dans cette indication est le (18F) fluorodéoxyglucose (FDG) qui est un analogue du glucose dont la captation tissulaire ou cellulaire est augmentée dans les lésions inflammatoires ou tumorales.

Une captation intense du traceur par l'aorte

L'intérêt potentiel de la FDG-TEP-TDM dans le diagnostic et la prise en charge de l'aortite est illustré par une étude de cohorte rétrospective dans laquelle ont été inclus, sur une période de 4 années, 428 patients chez lesquels était suspectée une affection de l'aorte. Le diagnostic d'aortite a été évoqué et confirmé chez 18 participants (4,2 %) devant une captation intense du traceur par l'aorte et ses branches principales, en règle supérieure en intensité à la fixation hépatique. L'analyse des images a reposé sur des critères visuels, sans recourir à la quantification parfois utilisée dans ce contexte.

Le diagnostic positif a débouché sur un traitement spécifique conditionné par la cause de l'inflammation. Au terme de cette prise en charge chirurgicale ou médicale (reposant le plus souvent sur les immunosuppresseurs), une FDG-TEP-TDM de contrôle a permis de mettre en évidence une amélioration des signes scintigraphiques, voire une normalisation qui, dans tous les cas, a été parfaitement corrélée à l'évolution clinique.

Cette étude rétrospective illustre l'intérêt clinique de l'imagerie moléculaire dans le diagnostic positif et la prise en charge de l'aortite, quelle qu'en soit la cause. La FDG-TEP-TDM judicieusement indiquée et interprétée permet de diagnostiquer précocement la maladie, de surveiller son évolution, d'évaluer ses complications vasculaires et sa réponse au traitement, mais aussi de détecter ses éventuelles rechutes, avant la réapparition des signes cliniques. Sa valeur pronostique, abordée dans d'autres études, mérite donc d'être soulignée, en plus de son intérêt diagnostique.