Anxiété : la méditation pleine conscience aussi efficace que l’escitalopram

  • Hoge EA & al.
  • JAMA Psychiatry

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une étude clinique prospective randomisée, la méditation pleine conscience (MPC) est non inférieure à un traitement par escitalopram dans le traitement des troubles anxieux après 8 semaines de traitement. Leur efficacité était comparable après 24 semaines de suivi.
  • La MPC est une alternative sûre et bien tolérée, avec moins d'effets indésirables que l'escitalopram.
  • Malgré les limites de cette étude, dans laquelle les participants n'ont pas été appariés en termes de temps d'engagement dans des activités sociales du fait de la nature même du programme de MPC, ces résultats doivent encourager à conduire de nouvelles études pour confirmer l’intérêt de cette approche par rapport à l’alternative médicamenteuse. D’autres devront aussi se pencher sur l’efficacité de ma MPC permise par les applications disponibles sur mobile ou sur internet.

Pourquoi est-ce important ?

La prise en charge des troubles anxieux repose sur les médicaments et la thérapie cognitivo-comportementale, mais l’observance d’une part et l’accessibilité d’autre part invitent à développer de nouvelles alternatives. La méditation pleine conscience a été décrite comme capable de réduire l'anxiété, une méta-analyse récente ayant confirmé son intérêt par rapport au traitement de référence. Pour le confirmer, une équipe américaine a conduit une étude clinique visant à comparer la MPC au traitement pharmacologique de première intention.

Méthodologie

L’étude TAME (Treatments for Anxiety: Meditation and Escitalopram) a été menée en simple aveugle dans trois centres américains. Elle a recruté des sujets de 18 à 75 ans et ayant un diagnostic de troubles anxieux (anxiété généralisée, anxiété sociale, trouble panique, agoraphobie) qui n’étaient pas pris en charge médicamenteusement (seuls la trazodone 100 mg, les benzodiazépines ou médicaments-z à dose stable depuis au moins 4 semaines étaient autorisés).

Les patients ont été randomisés entre deux groupes : soit un protocole de MPC avec 8 semaines de cours hebdomadaires de 2,5 heures, une journée au cours d’un week-end en 5e ou 6e semaine et des exercices quotidiens de 45 minutes à faire à domicile, soit l'escitalopram (10 mg/j puis 20 mg/j dès S2 si bien toléré) pendant 8 semaines.

Principaux résultats

Au total, les 276 participants (âge moyen 33 ans, 75% de femmes) ont été randomisés entre la MPC et l'escitalopram. À l’inclusion, le score de gravité des symptômes (score CGI-S coté de 1 à 7 croissant avec la sévérité) était de 4,44 et de 4,51 en moyenne dans les deux bras respectivement.

À 8 semaines, le score CGI-S a diminué de 1,35 et de 1,43 points dans le groupe MPC et escitalopram respectivement, soit une différence non significative (-0,07, p=0,65) entre les deux.

Le suivi maintenu jusqu’à la 24e semaine a montré que les groupes MPC et escitalopram continuent à s'améliorer de façon équivalente au cours du temps, avec un score CGI-S moyen de 2,89 et de 2,95 respectivement à la semaine 12, et de 2,92 et 2,92 à la semaine 24.

Des événements indésirables ont été recensés chez 78,6% des patients sous escitalopram et 15,4% de ceux sous MPC (p<0,001) mais aucun événement indésirable grave n'est survenu durant l’étude.