Antirétroviraux à longue durée d’action : quelle acceptabilité par les futurs utilisateurs ?


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Si la perspective d’un traitement antirétroviral injectable à longue durée d’action est intéressante pour ses futurs utilisateurs, elle fait aussi naître des questionnements ou des réticences, notamment concernant le maintien du contrôle de l’infection et de la perte de contrôle vis-à-vis d’un traitement long, et administré de façon invasive.

Les associations d’antirétroviraux injectables et de longue durée d’action (ART-LA) constituent sur le papier une avancée indéniable pour des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) parfois depuis plusieurs décennies et pour lesquels les traitements représentent une préoccupation quotidienne. Administrées toutes les 4 ou 8 semaines, ces nouveaux traitements offriraient théoriquement une réponse intéressante aux questions d’observance et d’adhésion thérapeutique. Mais en pratique, une étude qualitative française menée chez 15 PVVIH dont l’infection était bien contrôlée et chez 13 personnes à haut risque utilisateurs de prophylaxie pré-exposition (PrEP) met en évidence un intérêt plus nuancé.

Un sentiment ambivalent 

Ce projet a été conduit dans deux établissements parisiens dans le cadre du projet CLAP ( Considerations about Long-Acting injectable therapies in HIV Prevention and Treatment ). À l’issue d’une consultation médicale de suivi, des PVVIH sous contrôle virologique et des utilisateurs de PrEP depuis au moins six mois et régulièrement suivis se sont vus proposer des entretiens par un anthropologue. Ceux qui ont accepté ont été interrogés sur leur propre expérience avec leur traitement habituel, sur leur connaissance des formes injectables, et sur leur intérêt pour celles-ci.

In fine , c’est un sentiment ambivalent qui a été exprimé par la plupart des personnes interrogées. Les PVVIH se disaient intéressées par la possibilité de rompre avec un traitement quotidien, permettant une simplification et une plus grande discrétion, ainsi que par le fait de ne plus craindre l’oubli de la prise du traitement, un sentiment partagé par les utilisateurs de PrEP. Cependant, cet enthousiasme était contrebalancé par les questions liées au changement de traitement (quid du maintien du contrôle de la maladie), la crainte d’une perte d’autonomie et de maîtrise d’un traitement administré par voie invasive et efficace sur le long cours (symbolique particulière de l’injection, craintes d’effets secondaires non maîtrisables…). Certains évoquaient une position attentiste (wait and see).

Aussi, les ART-LA constitueront probablement une option à discuter au cas par cas selon le « profil des patients, leur situation, leurs contraintes, leurs expériences antérieures, leurs besoins, pratiques et modes de vie ».