Antipsychotiques : ne pas oublier le suivi cardio-métabolique


  • Fanny Le Brun
  • Univadis Actualités médicaments
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Un traitement par des médicaments antipsychotiques, qu’ils soient de 1ère (antipsychotiques classiques) ou de 2ème génération (antipsychotiques atypiques) peut s’accompagner d’une prise de poids et de troubles des métabolismes glucidique et lipidique.

A cela s’ajoute le fait que les personnes atteintes de maladie mentale sévère sont davantage exposées aux facteurs de risque cardiovasculaires tels que surpoids, sédentarité, tabac, hyperglycémie/diabète, hypertension artérielle et dyslipidémie. Cela est en partie lié à une alimentation déséquilibrée, à un mode de vie sédentaire et à un accès aux soins souvent plus limité que pour la population générale. D’autres facteurs interviennent également, tels que l’âge, le sexe, les antécédents familiaux et personnels et les médicaments concomitants. Toutefois, il est difficile de distinguer dans ces données la part de la maladie elle-même de celle des traitements administrés chez ces patients.

Face à ce constat, des recommandations de suivi cardio-métabolique des patients traités par antipsychotiques ont été émises en 2010 mais une enquête récente met en évidence un respect insuffisant de ces recommandations.

L’ANSM souhaite donc rappeler que la mise en place et l’adaptation d’un traitement antipsychotique exigent une collaboration étroite entre le psychiatre et le médecin traitant afin d’assurer une prise en charge optimale du patient.

Avant le traitement, il est recommandé de :

  • Rechercher les facteurs de risque du patient (antécédents médicaux, traitements en cours, hygiène de vie),
  • Pratiquer des bilans cliniques et biologiques (calcul de l’IMC, mesure du périmètre ombilical, mesure de la pression artérielle, dosages à jeun de la glycémie, du cholestérol (total, HDL, LDL) et des triglycérides),
  • Informer les patients et leur entourage de la nécessité de consulter rapidement, en cas de survenue de symptômes évocateurs d’un diabète (polyurie, polydipsie, perte de poids).

Pendant le traitement, une surveillance étroite devra porter sur le poids, la glycémie, la pression artérielle et le bilan lipidique. La stratégie de surveillance dépend des facteurs de risque trouvés avant l’instauration du traitement, des signes cliniques apparaissant pendant le traitement, et du traitement antipsychotique instauré.

En cas d’anomalies détectées pendant le traitement, il est recommandé de rappeler aux patients les règles hygiéno-diététiques. La prise en charge thérapeutique doit faire intervenir médecin traitant et psychiatre et peut amener, dans certains cas, à orienter le patient vers un spécialiste.