Antibiotiques : une enquête hospitalière relève les difficultés des programmes de bon usage


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Selon une enquête récente, 84% des établissements de santé y participant ont un programme de bon usage des antibiotiques, 99% un référent en antibiothérapie, mais seulement 42% ont une équipe multidisciplinaire dédiée.
  • 12% des établissements participants satisfaisaient aux conditions déterminées par le groupe de travail “Bon Usage des antibiotiques” en 2015.

 

Si la majorité des établissements français ont mis en place un Programme de bon usage des antibiotiques (PBUA) et ont bien un référent en antibiothérapie, le déploiement des efforts concernant la gestion des antibiotiques en milieu hospitalier serait insuffisant et perfectible. C’est ce que révèle la première enquête nationale dédiée qui a été conduite auprès de 215 établissements de santé (publics et privés) sélectionnés aléatoirement après stratification selon le nombre de lits et le type d’établissement. Médecine et Maladies Infectieuses en publie les résultats.

Dans ce travail, un questionnaire de 46 questions a été établi afin de pouvoir inviter les participants à détailler l’organisation, les ressources, les processus et l’ensemble des activités du PBUA. À partir des réponses apportées par 45% des établissements contactés, soit la plus large enquête nationale publiée sur le sujet récemment, il est apparu que le référent en antibiothérapie était un pharmacien, un microbiologiste ou un infectiologue dans 16%, 26% et 42% des cas, et qu’il ne recevait pas de financement spécifique pour cette activité dans respectivement 80%, 58% et 27% des cas.

Moins d'un établissement sur 5 dispose de moyens alloués spécifiques

Seule une minorité des établissements avaient mis en place une équipe multidisciplinaire dédiée (42%), au sein de laquelle au moins un pharmacien, un microbiologiste ou un infectiologue était présent (95%, 80%, 68% des équipes). Le temps dédié par chacun de ces spécialistes restait néanmoins limité (entre 0,8 et 1,7 heures par semaine pour 100 lits de soins aigus). L’enquête révèle que les moyens alloués par ailleurs sont rares puisqu’ils ne concernent que 18% des établissements ayant répondu.

Concernant l’activité intégrée et déployée via le programme, toutes les structures disposaient de données sur la consommation d’antibiotiques et 94% de recommandations. Cependant, plusieurs aspects comme les évaluations et audits concernant le respect des recommandations et les pratiques d’antibiothérapie ne concernaient qu’une minorité d’établissements, un phénomène probablement lié à l’absence de moyens suffisants, tant financiers qu’humains. Un constat qui mérite d’autant plus d’être amélioré que les structures ayant accepté de répondre sont potentiellement celles qui sont les plus mobilisées sur ces questions. Les auteurs suggèrent que de nouveaux paramètres soient inclus dans l’indicateur composite de bon usage des antibiotiques (ICATB), afin de renforcer les programmes de bon usage au cours des prochaines années ». Et puisque seul le score total ICATB2 est diffusé publiquement, ils proposent aussi que certains des éléments particulièrement significatifs le constituant, en soient extraits et rendus publics pour tous les hôpitaux, associés à un « audit externe du score déclaré et une publication des résultats, comme cela a déjà été proposé par le groupe de travail [précité] en 2015. »