Antibiothérapie: une démarche multimodale et pluridisciplinaire peut améliorer l’adéquation aux recommandations


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Au sein d’un service hospitalier de médecine interne, une démarche pédagogique et incitative impliquant les médecins internistes, les pharmaciens cliniciens et l’unité mobile de microbiologie clinique permet d’accroître le taux de conformité des prescriptions aux recommandations en antibiothérapie (choix des molécules, voie d’administration) tout en améliorant la traçabilité des révisions entreprises. 

Face à la fréquence de l’antibiorésistance en France, il est essentiel de diversifier les approches et voies d’actions. Le bon usage des antibiotiques peut notamment passer par des actions pédagogiques et incitatives. Dans cette perspective, des équipes de l’hôpital Européen Georges Pompidou (Paris) ont voulu évaluer une approche qui soit déployable à moyens humains constants. Des membres des services de pharmacie, de médecine interne et de l’unité mobile de microbiologie clinique ont bâti un programme pluridisciplinaire dédié dans l’objectif d’améliorer la pertinence des prescriptions d’antibiotiques en termes d’indication, de choix de molécule, de posologie et de durée. Son évaluation a été menée au sein du service de médecine interne.

Étude monocentrique menée en service de médecine interne

L’intervention comportait deux actions déployées par l’équipe pluridisciplinaire de réévaluation (EPR) constituée d’un interniste et d’un pharmacien, tous deux formés en infectiologie dès la fin de la première partie de l’étude. Après une phase de 6 mois (période avant ), elle a formé les internes (8 sessions hebdomadaires de 30 minutes) sur les principales pathologies infectieuses rencontrées dans le service (infections urinaires, pulmonaires, intra-abdominales, cutanées, articulaires), le traitement par antibiothérapie, la lecture des antibiogrammes et la pharmacocinétique des antibiotiques. Durant une nouvelle période de 6 mois (période après ), l’EPR a assuré avec les prescripteurs un programme de réévaluation des antibiothérapies à 48–72h au cours de trois visites hebdomadaires. Ainsi, il a été possible de comparer la conformité des prescriptions antibiotiques avant puis après l’intervention (soit 2 phases de 6 mois chacune).

Plus d’adéquation aux recommandations, plus de molécules injectables

Au total, les données de 95 patients ont été analysées. Ceux-ci étaient répartis entre les 2 semestres de suivi (49 «avant» et 46 «après»). Ils étaient principalement atteints d’infection urinaire (30,6%) ou pulmonaire (36,7%). Les visites ont permis d’augmenter le taux de conformité des prescriptions aux recommandations de 57 (avant) à plus de 91% après l’intervention ( p

La part des antibiotiques classiques a augmenté au cours de la seconde période, avec notamment une diminution sensible des molécules pourvoyeuses de résistance (−10,1%) et celles qui étaient injectables (46,4% vs 35,2%, p

En revanche, aucune différence statistique n’a été observée concernant la durée moyenne de traitement ou de séjour, ceci pouvant être lié à un manque de puissance statistique de l’étude.

L’analyse des ordonnances a permis de constater que des arrêts de prescription consécutifs à la réévaluation étaient envisagés dans 4,1% et 4,3% des cas analysés durant les deux semestres, et la traçabilité de la réévaluation était devenue quasi-systématique (97,8% contre 65,3% avant, p