Antibiothérapie guidée par la procalcitonine chez les patients bactériémiques

  • Meier MA et al.
  • Clin Infect Dis.
  • 25 oct. 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Les résultats de cette méta-analyse indiquent qu’en service d’urgence ou de soins intensifs, la durée de l’antibiothérapie peut être réduite de presque 3 jours chez les patients atteints d’infection avec bactériémie lorsqu’elle est guidée par le taux de procalcitonine. Ce bénéfice est observé de façon plus marquée chez les sujets atteints d’infections respiratoires liées à un germe commun (Streptococcus pneumoniae). Cette approche personnalisée semble par ailleurs sans impact sur le taux de mortalité à 30 jours.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Chez les patients hospitalisés souffrant d’infection, la durée de l’antibiothérapie excède souvent celle préconisée par les recommandations et cette sur-utilisation est susceptible de favoriser l’apparition de résistances bactériennes. Mais les médecins restent réticents à arrêter l’antibiothérapie en présence d’une hémoculture positive. La procalcitonine est un marqueur d’infection bactérienne sévère récemment approuvé par la FDA comme biomarqueur des infections respiratoires aiguës et des sepsis. Son dosage pourrait compléter les paramètres cliniques pour juger de la résolution de l’infection et adapter l’antibiothérapie. Cependant, des incertitudes demeurent quant à l’efficacité et à la sécurité de cette approche chez les sujets ayant une infection avec bactériémie. Pour l’heure, les recommandations américaines comme européennes préconisent des durées standards d’antibiothérapie de façon à prévenir les risques, notamment d’endocardite.

Une méta-analyse conduite au niveau individuel a évalué l’efficacité et la sécurité d’une antibiothérapie guidée par la procalcitonine (PCT) chez les patients présentant des hémocultures positives, de façon à voir si elle pouvait permettre de raccourcir l’antibiothérapie standard.

Conception de l’étude

Les données de 13 essais, représentant 523 patients avec hémoculture positive, ont été prises en compte dans la méta-analyse. Les patients inclus étaient le plus souvent atteints d’infection respiratoire aiguë ou d’infection urinaire. Ils avaient été randomisés pour recevoir un antibiotique selon leur niveau de PCT (n=253, arrêt de l’antibiothérapie pour des taux de PCT

Résultats

  • Chez les patients dont le traitement avait été guidé par la PCT, la durée de l’antibiothérapie s’est révélée significativement plus courte qu’avec une antibiothérapie standard (-2,86 jours [-4,88 à -0,84], p=0,006). Ces résultats étaient peu impactés par l’agent pathogène incriminé ou le site d’infection.
  • L’analyse en sous-groupes en fonction du type de pathogène identifié a cependant montré que cette différence était significative et davantage marquée chez les patients présentant une infection respiratoire à Streptococcus pneumoniae (-4,75 jours [-7,71 à -1,80], p interaction=0,021). Une tendance à une réduction de la durée de l’antibiothérapie était observée seulement lorsque l’infection était due à des bactéries Gram+ ou à Escherichia coli.
  • Concernant la mortalité à 30 jours, il n’est pas apparu de différence significative entre les deux groupes, ni dans l’analyse globale, ni dans l’analyse en sous-groupe, en fonction du pathogène ou du site d’infection. La durée du séjour hospitalier ou en soins intensifs n’a pas non plus été modifiée.

Limitation

L’adhésion à l’algorithme de traitement variait en fonction des études de 44% à 100%. Par ailleurs l’analyse a pris uniquement en compte les patients immunocompétents. Cette population n’était pas homogène quant au site d’infection et au germe incriminé, ce qui limite la généralisation des résultats.