Antibiothérapie en établissement de santé : des données nationales encourageantes


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Une diminution de la prévalence des traitements antibiotiques est observée depuis 2012, mais quelques écarts par rapport aux recommandations suggèrent que des efforts et des actions de sensibilisation spécifiques au bon usage soient mis en œuvre.

 

Depuis 2001, une enquête nationale est menée sur la consommation antibiotique (ATB) dans les établissements de santé (ES) français afin de suivre les tendances concernant l’évolution de la prévalence des patients traités par antibiotiques systémiques au cours du temps. Les dernières données, relatives à l’année 2017, viennent d’être publiées dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire. Elles ont été recueillies auprès d’un échantillon représentatif des établissements de santé français par sondage aléatoire avec stratification sur la région et la catégorie d’établissement. Au total, 403 établissements ont participé et 80.988 patients ont été inclus.

Une baisse sensible du recours aux antibiotiques

Parmi les principaux résultats, les auteurs soulignent une diminution de la prévalence de l’antibiothérapie chez les patients hospitalisés, qui était de 15,12% en 2017, contre 16,60% entre 2006 et 2012, le nombre moyen de molécules ayant également diminué (1,32 vs 1,34 en 2012, avec 71,3% de patients sous monothérapie contre 72,7% en 2012). La majeure partie des prescriptions était à visée curative.

L’analyse du profil des patients montre que la diminution du recours aux ATB concerne principalement les plus jeunes et les plus âgés, ainsi que les moins fragiles (patients non immunodéprimés et ceux atteints d’une maladie non fatale). Sur le plan des molécules, on constate que la prévalence du céfotaxime a augmenté depuis 2017, parallèlement à la diminution de celle de la ceftriaxone, conformément aux recommandations.

Quelques points d’achoppement

Plusieurs observations restent toutefois problématiques : malgré les recommandations, il apparaît que la fréquence des traitements de plus de 7 jours reste élevée (1 patient sur 5, y compris après exclusion des traitements curatifs nécessitant une durée supérieure). Par ailleurs, près d’un traitement ATB sur deux prescrit en prophylaxie chirurgicale dure au moins 48 heures, ce qui n’est pas conforme aux recommandations de la SFAR (malgré un biais de classement potentiel à explorer). Par ailleurs, si un traitement sur cinq subit une modification dans une même indication, il s’agit le plus souvent d’une escalade thérapeutique. Enfin, les posologies prescrites d’amoxicilline seule ou en association avec l’acide clavulanique étaient inférieures à celles préconisées chez l’adulte (1g/j contre 2 à 3g/j selon les recommandations), tout comme celles de la ceftriaxone et du cotrimoxazole.

Aussi, les auteurs concluent que la baisse globale observée est encourageante mais nécessite de «  poursuivre les actions en faveur du bon usage des antibiotiques. »