Antibiorésistance : étude du passage entre les réservoirs animaux et l’Homme


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Messages principaux

  • L’analyse comparative des antibiogrammes issus de 743.637 souches prélevées en médecine de ville, 48.170 souches issues d’animaux de rente et de 7.750 souches provenant d’animaux de compagnie ne permet pas d’observer d’influence significative de la résistance antibiotique d’une espèce sur une autre entre 2014 et 2017 en France.  

L’approche « One Health » se fonde sur un continuum entre la santé des humains et celle des animaux de rente comme des animaux domestiques. Par conséquent, pour limiter le passage de l’antibiorésistance entre l’animal et l’Homme, des mesures politiques de réduction de l’usage des antibiotiques ont été prises à divers moments en France, dans les différents milieux ciblés (santé humaine ou vétérinaire). Pour autant, la dynamique par laquelle l’antibiorésistance passe d’un réservoir à l’autre a été peu comparée directement, du fait de la nécessité de disposer de méthodologies et de mesures répondant à cet enjeu. Afin de mieux apprécier ce phénomène, des chercheurs français ont utilisé les données du réseau RESAPATH ( Réseau français d'épidémiosurveillance de l'antibiorésistance des bactéries pathogènes animales ) et celles de MedQual (réseau de 610 laboratoires de biologie médicale assurant une veille épidémiologique des résistances en milieu communautaire). Ils ont conduit une analyse des résultats d’antibiogramme réalisés sur Escherichia coli ( E. coli ) par les deux réseaux et ont dressé l’évolution chronologique des résistances aux antibiotiques majeurs (amoxicilline, triméthoprime/sulfaméthoxazole, gentamicine, fluoroquinolones, céphalosporines de troisième génération ou C3G) entre 2014 et 2017.

Les auteurs ont ainsi établi que les dynamiques relatives à une espèce animale ne semble que peu influencer les autres, les évènements de transmission étant probablement suffisamment rares pour ne pas avoir d’influence notable sur les dynamiques observées. Des mesures réglementaires ont par exemple été prises dans le domaine vétérinaire et ont largement permis de réduire le recours aux antibiotiques, ce qui est moins le cas chez l’homme. Or, les chiffres ne laissent pas deviner d’influence significative de ces mesures sur les données d’antibiorésistance humaine. Les données du réseau de santé humaine ne mettent pas non plus en évidence d’influence qui serait plus spécifique aux animaux de compagnie par rapport aux animaux de rente. Les efforts doivent donc être renforcés dans tous les domaines afin de réduire la pression antibiotique globale.