Anti-TNF : une efficacité significativement différente selon le comparateur !

  • Lopez L & al.
  • Rheumatology (Oxford)

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

Une méta-analyse réalisée par une équipe française a comparé chez des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR) l’efficacité de l’infliximab, de l’étanercept et de l’adalimumab à partir d’essais pivots (contrôlés versus placebo) et d’essais contrôlés versus biosimilaires. 

11% ! C’est la différence d’efficacité poolée (ACR20 et ACR50) mise en évidence par cette méta-analyse entre les agents biologiques évalués via les études pivots (59% d’efficacité pour l’ACR20 et 35% pour l’ACR50) et via un essai contrôlé versus biosimilaires (70% et 44% d’efficacité respectivement). Ces différences sont significatives dans les deux cas.

Ces résultats soulignent que l’effet des anti-TNF est amplifié dans les essais les comparant à un traitement actif par rapport à un placebo.

Pourquoi ces résultats sont-ils importants ?

Ces résultats montrent que l’amplitude de l’effet d’un anti-TNF dépend du design de l’étude et suggèrent également que le placebo peut induire un effet lessebo (effet négatif non spécifique), ce qui avait déjà été suggéré dans des études cliniques menées chez des sujets traités pour PR.

Méthodologie

Une étude a comparé chez des sujets atteints de PR, l’efficacité de l’infliximab, de l’étanercept et de l’adalimumab entre des données publiées jusqu’en mars 2020 et issues d’essais pivots de supériorité contrôlées versus placebo et des données issues d’essais contrôlés versus biosimilaires.

Principaux résultats

Au total, 31 essais cliniques ont été inclus :  14 dans le groupe traitement biologique versus placebo (n = 2.492 patients) et 17 dans le groupe traitements biologiques versus biosimilaires (n = 3.932 patients). Les principales caractéristiques médicales (durée de la PR, activité de la maladie, pourcentage de séropositivité et dose de méthotrexate administrée étaient similaires entre les deux populations. Dans les études sélectionnées, les doses initiales de méthotrexate (7,5-25 mg/semaines) n’évoluaient pas durant au moins les 3 premiers mois.

Le DAS28 initial variait entre 5 et 6 soulignant la présence d’une maladie active. À partir de 31 études, la méta-analyse a montré que le taux global de réponse ACR20 était de 59% ([55-62], I2 86%) pour le traitement actif dans les essais versus placebo et de 70% ([66-74], I2 63%), dans les essais versus biosimilaires. Cette différence d’efficacité (-11%) est significative.

Une même différence de 11% a été mise en valeur pour le ACR50 : 35% [31-39], I276% d’efficacité poolée via les essais contrôlés versus placebo et 44% [39-50], I290% pour ceux contrôlés versus biosimilaires (p=0,003, après exclusion de 2 études présentant un taux élevé de répondeurs ACR50).