Anti-TNF alpha : les études en vraie vie peinent parfois à retrouver les conclusions des essais cliniques…

  • Murthy SK & al.
  • Gut
  • 12 juin 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Des essais randomisés, contrôlés ont démontré l’efficacité des anti-TNF alpha chez les sujets souffrant de maladie inflammatoire chronique des intestins (MICI), notamment sur la diminution des hospitalisations et des interventions chirurgicales. Or, les résultats d’une étude en vraie vie menée au Canada chez des sujets souffrant de maladie de Crohn (MC) et de rectocolite hémorragique (RCH) n’aboutissent pas à ces mêmes conclusions. En effet, ils suggèrent que l’introduction sur le marché de l’infliximab n’aurait pas eu d’impact sur les hospitalisations durant les 10 années de suivi des sujets souffrant de MC et les 5 années de suivi pour les patients souffrant de RCH par rapport à ce qui aurait pu être envisagé sans l’introduction de cet anti-TNF alpha. 

Prendre du recul…

Face à ces résultats, les auteurs font cependant l’hypothèse qu’une utilisation non-optimale du traitement pourrait expliquer ces différences et invitent à mettre en place des programmes d’éducation spécifiques.

Principaux résultats

L’étude s’est déroulée entre 1995 et 2012. Le nombre de sujets ayant contribué aux analyses a augmenté graduellement pour atteindre 35.904 patients souffrant de MC et 37.210 patients souffrant de RCH. L'infliximab a été approuvé au Canada en juin 2001 pour la MC et en 2006 pour la RCH. Lors de la dernière évaluation, l’infliximab était utilisé par 10,2% des patients souffrant de MC et 3,3% de ceux souffrant de RCH. Par rapport à la population globale des sujets souffrant de MICI, ceux identifiés ici étaient plus jeunes, il s’agissait également plus souvent d’hommes et avaient plutôt tendance à vivre en milieu rural.

  • Avant l’introduction de l’infliximab, le taux d’hospitalisation des sujets souffrant de MC avaient déjà tendance à diminuer de 2% par trimestre. En revanche ce taux est resté stable après l’introduction de cet anti-TNF alpha. Lors du dernier trimestre d’évaluation, l’introduction de l’infliximab n’était pas associée à une diminution significative des hospitalisations en lien avec une MC par rapport à ce qui aurait pu se passer sans la mise à disposition de ce médicament (OR 1,06 [0,811-1,39]). Le taux de résection intestinale est également resté stable après l’introduction de l’infliximab (OR 1,10 [0,810-1,50]).
  • De même avant l’introduction de l’infliximab, le taux des hospitalisations en lien avec une RCH avait diminué de 2,4% par trimestre. Cette diminution était légèrement atténuée avec l’introduction de l’infliximab. Les dernières observations ont même mis en évidence une augmentation statistiquement significative du taux d’hospitalisations chez les patients souffrant de RCH (OR 1,22 [1,07-1,39]). Le taux de colectomie avait légèrement diminué avant l’introduction de l’infliximab et celui-ci ne changeait pas significativement après (OR 0,933 [0,540-1,61]).