Anti-IL-6 : Un nouvel acteur en préparation dans la maladie de Crohn…


  • Nathalie Barrès
  • Lecture critique
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À retenir

Les résultats d’une étude randomisée menée en double aveugle suivie d’une étude menée en ouvert montrent que l’anti-IL-6 PF-04236921 dosé à 50 mg augmenterait les chances d’obtenir une réponse clinique et une rémission chez des patients souffrant de maladie de Crohn modérée à sévère et insuffisamment répondeurs aux anti-TNF. Des perforations et des abcès gastro-intestinaux ont cependant été observés, et doivent faire l’objet d’une attention particulière lors des prochains essais cliniques.

Pourquoi est-ce important ?

De nombreux patients seraient insuffisamment répondeurs ou ne toléreraient pas les anti-TNF. La neutralisation de l’interleukine 6 (IL-6), molécule pro-inflammatoire, pourrait constituer une option thérapeutique intéressante pour soulager les patients souffrant de maladie de Crohn (MC) si la sécurité de cette approche est démontrée.

Principaux résultats

  • Au total, 247 patients ont été randomisés (1:1:1:1) entre un groupe placebo et trois groupes d’anti-IL-6 à 10, 50 et 200 mg/j en SC à J1 et J28.
  • Le taux de réponse au CDAI-70 (critère principal) a été atteint sous anti-IL-6 50 mg. À la 8e et à la 12e semaine, ce taux de réponse était significativement supérieur sous anti-IL-6 50 mg, par rapport à celui obtenu sous placebo (respectivement, 49,3% vs 30,6%, p<0,05 et 47,4% vs 28,6%, p<0,05).
  • L’anti-IL-6 à la dose de 10 mg n’a pas permis d’atteindre le critère principal de jugement, et le bras 200 mg a été arrêté pour cause de problèmes de sécurité mis en évidence à travers une autre étude.
  • Le taux de rémission (score CDAI <150) à la 12e semaine sous anti-IL-6 50 mg et placebo étaient respectivement de 27,4% et 10,9% (soit une différence de 16,5%, p<0,05).
  • 20,1% des patients ont arrêté le traitement durant les 12 semaines de traitement, sans différence importante entre les groupes, hormis dans le bras 200 mg.
  • Durant une seconde phase, conduite en ouvert, les sujets recevaient jusqu’à 6 doses d’anti-IL-6 à 50 mg toutes les 8 semaines : 191 sujets ont ainsi reçu le traitement, dont 89 qui avaient atteint un score CDAI-70 à la 12e semaine de la phase d’induction.
  • Les effets indésirables les plus fréquents survenus durant la phase en double aveugle et la phase en ouvert étaient constitués de l’aggravation de la MC, des douleurs abdominales et de rhinopharyngites.
  • Si le bénéfice/risque de ce traitement est acceptable pour continuer le développement clinique, des signaux de perforations et abcès gastro-intestinaux doivent cependant être surveillés avec précaution.

Méthodologie

  • Étude de phase 2 menée en groupes parallèles, en double aveugle, avec un screening de 4 semaines, une période de traitement de 12 semaines puis une période de suivi de 28 semaines. Les patients n’ayant pas présenté d’effet indésirable grave durant cette étude en double aveugle pouvaient immédiatement entrer dans une seconde étude en ouvert (48 semaines plus suivi de 28 semaines).
  • Les patients inclus étaient des adultes ayant une MC modérée à sévère confirmée (score CDAI entre 220 et 450, CRP ≥5,0 mg/L et ulcération confirmée à l’endoscopie dans les 8 semaines avant le screening) et une réponse insuffisante à au moins un anti-TNF.
  • Le critère principal d’évaluation de l’étude en double aveugle était la proportion de patients atteignant une réduction de 70 points ou plus au score CDAI (CDAI-70) à 8 ou 12 semaines. L’objectif de l’étude en ouvert était le suivi de la tolérance.

Principales limitations

  • Le choix du critère principal CDAI-70 est un critère moins sévère que le CDAI-100 ou que la rémission (CDAI <150).
  • L’arrêt du groupe à 200 mg a impacté la taille de l’échantillon global

Financement

  • Études financées par Pfizer.