Anti-hyperglycémiants pour le traitement du diabète chez l’insuffisant rénal chronique

  • Lo C & al.
  • Cochrane Database Syst Rev
  • 24 sept. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Une revue Cochrane montre que les données pertinentes concernant l’efficacité et l’innocuité des anti-hyperglycémiants chez les sujets diabétiques atteints d’insuffisance rénale chronique (IRC) sont très limitées. En dehors de leur action sur la glycémie, les auteurs indiquent que chez ce profil de patient, les SGLT2 pourraient baisser la pression artérielle, le taux de potassium et le risque d’insuffisance cardiaque, mais seraient associés à une augmentation du risque d’infections génitales. Quant aux agonistes du GLP-1, les données sur leur innocuité chez ces sujets sont encore insuffisantes. Les conclusions de cette revue appellent à la mise en place d’autres études randomisées et contrôlées pour mieux déterminer quels sont les anti-hyperglycémiants les mieux adaptés aux sujets diabétiques atteints d’IRC.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La plupart des études ayant évalué l’efficacité et la tolérance des anti-hyperglycémiants ont été menées chez des sujets diabétiques dont la fonction rénale est normale ou peu dégradée. L’objectif de cette revue était de mettre en évidence les preuves actuelles concernant l’efficacité et l’innocuité de ces traitements chez des individus diabétiques ayant une insuffisance rénale chronique.

Méthodologie

Cette revue Cochrane a examiné les études ayant comparé différents médicaments anti-hyperglycémiants (agonistes du glucagon-like peptide-1 (GLP-1), inhibiteurs de la dipeptidyl peptidase-4 (DPP-4), inhibiteurs du co-transporteur-2 du glucose sodique (SLGT2), glitazones) entre eux ou versus l’absence de traitement chez des sujets diabétiques souffrant de maladie rénale chronique.

Principaux résultats

Les analyses de cette revue Cochrane mettent en évidence que chez les sujets ayant un diabète et une insuffisance rénale chronique :

  • Les agonistes du GLP-1 réduiraient la glycémie et le poids, en revanche leurs effets sur la fonction rénale, l’hypoglycémie, les symptômes gastro-intestinaux et la pancréatite restent incertains.
  • La sitagliptine  présenterait un risque plus faible d’hypoglycémie par rapport au glipizide.
  • les inhibiteurs de SGLT2 réduiraient la glycémie, la pression artérielle, le poids, le risque d’insuffisance cardiaque et les taux élevés de potassium, mais augmenteraient les infections génitales et affaibliraient légèrement la fonction rénale. Les effets de ces traitements sur la mortalité, l’hypoglycémie, les lésions rénales aiguës, les infections urinaires, l’insuffisance rénale terminale, l’hypovolémie, les fractures osseuses et l’acidocétose diabétique restent en revanche incertains chez ce profil de patient.
  • Aucune conclusion n’a pu être tirée pour les autres traitements anti-hyperglycémiants en raison de l’absence d’études.

Principales limitations

Certains des médicaments comparés dans ces analyses ne sont pas disponibles en France.