Anti-épileptiques et grossesse : quelles sont les molécules les plus à risque ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités des médicaments
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Suite à la mise en évidence du risque de malformations et de troubles neuro-développementaux chez les enfants exposés in utero au valproate, l’ANSM a poursuivi l’analyse des données disponibles afin d’évaluer si les autres antiépileptiques commercialisés en France présentaient les mêmes risques.

Il en ressort que le valproate est l’antiépileptique entraînant le plus de malformations mais que cinq autres substances présentent également un risque malformatif élevé : le topiramate, le phénobarbital, la primidone, la carbamazépine et la (fos) phénytoïne. De plus, étant donné le risque potentiel de malformations et sa prescription importante en France, l’ANSM appelle à la vigilance concernant l’utilisation de la prégabaline (Lyrica ® et génériques).

En revanche, avec la lamotrigine et le lévétiracétam, les données actuellement disponibles ne montrent pas d’augmentation de la fréquence des malformations.

Concernant le risque de troubles neuro-développementaux qui est avéré en cas de prise de valproate au cours de la grossesse, les données sont limitées pour les autres antiépileptiques et ne permettent pas de conclusion définitive.

Un comité d’experts indépendants (CSST) se réunira le 14 mai 2019 pour proposer des mesures complémentaires de réduction des risques liés à l'exposition in utero aux antiépileptiques (auditions retransmises en direct sur la chaîne YouTube de l’ANSM).

Par ailleurs, l’ANSM a mis en place un formulaire complémentaire de signalement de pharmacovigilance en cas d’exposition d’enfants à des antiépileptiques au cours de la grossesse. Il est disponible sur le portail des signalements : signalement-sante.gouv.fr.

Que dire à vos patientes en âge d’avoir des enfants traitées par un antiépileptique ?

  • Si elles sont enceintes, elles doivent vous consulter sans délai pour évaluer si le traitement doit être modifié.
  • Si elles envisagent une grossesse, elles doivent vous consulter avant d’être enceinte pour réévaluer le traitement.
  • Dans tous les cas, le traitement ne doit être ni arrêté ni modifié sans l’avis d’un médecin ou pharmacien.