ANODE : prophylaxie antibiotique ou pas avant un accouchement assisté ?

  • Knight M & al.
  • Lancet
  • 13 mai 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Le risque d’avoir une infection suspectée ou confirmée dans les 6 semaines après un accouchement assisté (forceps, ventouses) serait diminué de 42% chez les femmes qui recevaient une injection intraveineuse unique d’amoxicilline et d’acide clavulanique, dans un délai médian de 3 heures après l’accouchement, par rapport à celles qui étaient sous placebo. Selon les auteurs, l'actualisation des recommandations de l’OMS sur le sujet, ainsi que celles d’autres organisations nationales pourraient intégrer ces données. Reste maintenant à évaluer si une administration plus précoce ou en prénatal de ces traitements serait plus efficace.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

À travers le monde, plus de 10% des décès maternels (5% dans les pays à hauts revenus) seraient consécutifs à un sepsis en lien avec une infection dans le cadre de la grossesse. Les données concernant l’intérêt de l’administration d’antibiotiques en prophylaxie sur la réduction du risque d’infections graves chez les mères sont contradictoires. Cette étude de grande envergure, multicentrique, serait la seule à avoir montré une réduction nette de la proportion de femmes ayant une infection suspectée ou confirmée après un accouchement vaginal assisté avec ce type de prophylaxie. 

Méthodologie

ANODE est un essai randomisé, contrôlé, mené en aveugle au sein de 27 unités obstétriques britanniques auprès de femmes de 16 ans et plus ayant subi un accouchement assisté à 36 semaines de grossesse ou plus. Ces femmes étaient randomisées pour recevoir soit une dose IV d’amoxiciline et d’acide clavulanique, soit un placebo.

Principaux résultats

Au total, 3.427 femmes ont été randomisées (1.719 dans le groupe amoxiciline - ac. clavulanique et 1.708 dans le groupe placebo).

Les données concernant le critère principal d’évaluation (prescription d’un antibiotique pour une infection spécifique, infection systémique confirmée par culture) étaient manquantes pour 6% des femmes.

La proportion de femmes ayant une suspicion d’infection était significativement inférieure dans le groupe traité par l’amoxicilline - ac. clavulanique à celle du groupe placebo : 11% vs 19%, soit un ratio de risque de 0,58, p

Une réduction de 56% du risque d’infection systémique confirmée sur culture a été retrouvée chez les femmes qui bénéficiaient d’un traitement prophylactique par antibiotiques versus celles sous placebo. Les taux d’infections périnéales et de douleurs périnéales étaient également moindres dans le groupe traité par antibiotiques. 

En ce qui concerne la tolérance, trois femmes ont rapporté un événement indésirable : un rash cutané sous placebo et d’autres réactions allergiques chez deux femmes sous amoxicilline et acide clavulanique.