Androcur® et risque de méningiome : recommandations pour la prise en charge des patients


  • Fanny Le Brun
  • Univadis Actualités médicaments
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Un comité pluridisciplinaire d’experts indépendants (CSST) a été créé afin de discuter des conditions d’utilisation et de prescription de l’acétate de cyprotérone (Androcur® et génériques) pour limiter le risque de développement d’un méningiome. Ce comité a permis l’élaboration de recommandations qui viennent d’être publiées. Elles s’appliquent à l’ensemble des indications :

  • Les indications hors-AMM telles que l’acné, la séborrhée et l’hirsutisme modéré sont à proscrire,
  • L’utilisation de l’acétate de cyprotérone chez l’enfant et la femme ménopausée n’est pas recommandée,
  • La prescription (indication et posologie) doit être réévaluée annuellement en tenant compte du rapport bénéfice / risque individuel et de l’évolution des symptômes,
  • La posologie minimale efficace permettant de contrôler les symptômes doit être utilisée,
  • Les utilisations prolongées et à fortes doses sont à proscrire (effet dose cumulée avec risque multiplié par 7 pour l’ensemble des patientes traitées pour une durée de plus de 6 mois et risque multiplié par 20 au-delà de 5 ans de traitement à posologie de 50 mg/j sur un cycle),
  • Une surveillance radiologique doit être mise en place dans le cadre du traitement :
    • Une imagerie cérébrale par IRM doit être réalisée en début de traitement pour tous les patients,
    • En cas de poursuite de traitement, l’IRM sera renouvelée à 5 ans puis tous les 2 ans si l’IRM à 5 ans est normale,
    • Il est demandé aux médecins de contacter leurs patients actuellement traités par Androcur® ou génériques pour réévaluer la nécessité de poursuivre leur traitement et envisager un contrôle par IRM si la poursuite du traitement est décidée,
    • Chez les patients ayant arrêté le traitement, il n’est pas nécessaire de réaliser une imagerie cérébrale en l’absence de signe clinique,
    • En cas de découverte de méningiome, le traitement doit être arrêté définitivement. Un avis neurochirurgical est recommandé,
    • Les méningiomes sous acétate de cyprotérone régressant ou se stabilisant après arrêt du traitement dans la plupart des cas, une approche conservatrice (non chirurgicale) est souvent possible. Celle-ci devra être discutée avec le neurochirurgien. Cette information sera relayée et précisée via des recommandations à établir avec la Société Française de Neurochirurgie,
    • Concernant les hommes amenés à prendre un traitement par Androcur® pour un cancer de la prostate, il est essentiel de réaliser une IRM avant le début du traitement pour s’assurer de l’absence de méningiome.

Un numéro vert (0 805 04 01 10) a été mis en place pour répondre aux interrogations des patients ou de leur entourage.