Anaphylaxie alimentaire sévère : les données du réseau Allergo-Vigilance® sur 15 ans


  • Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Les données du réseau Allergo-Vigilance® sur 15 ans montrent que les cas d’anaphylaxie alimentaire sévères (AAS) sont plus fréquents chez l’enfant que chez l’adulte. Les allergènes les plus souvent incriminés sont l’arachide et les fruits à coque. Et le risque lié aux allergènes masqués est souligné, en particulier chez l’enfant. La nouvelle réglementation européenne concernant l’information du consommateur sur les allergènes présents dans les aliments non préemballés semble porter ses fruits.

Pourquoi est-ce important ?

Les cas d’AAS sont en forte augmentation dans les pays industrialisés. Malgré l’obligation de mentionner les principaux allergènes sur l’étiquette des produits, ces réactions d’hypersensibilité immédiate restent difficiles à prévenir. En France, le réseau Allergo-Vigilance® s’est développé depuis 2002 dans l’objectif de repérer l’apparition de nouveaux allergènes et de suivre l’évolution de ces réactions allergiques à risque létal. Il publie aujourd’hui une analyse des cas notifiés depuis 15 ans.

Principaux résultats                        

  • 1.890 cas d’AAS ont été colligés par le réseau entre janvier 2002 et Juillet 2017.
  • Les cas d’anaphylaxie sont plus fréquents chez l’enfant. Seize décès ont été enregistrés, dont 11 enfants de moins de 18 ans.
  • Les principaux allergènes responsables de ces réactions sont l’arachide (13%), les fruits à coque (noix de cajou 6%, noisette 5%), la farine de blé (5%), les crustacés (crevettes 5%), les laits de mammifères (vache 4%, brebis/chèvre 3%) et les légumineuses (soja 4%).
  • Les allergènes masqués sont fréquemment en cause, en particulier chez l’enfant.
  • Plusieurs allergènes émergents sont identifiés : lait de chèvre ou de brebis (allergies souvent croisées avec le lait de vache, mais de nombreux cas spécifiques existent), sarrasin (aussi fréquent que le sésame ou le soja qui sont à déclaration obligatoire), le pois blond (largement utilisé dans les charcuteries et produits à base de viande, les biscuits), l’alpha-galactose des viandes de mammifères (abats surtout). Pour ce dernier antigène, les cas d’AAS sont fréquemment associés à des cofacteurs comme l’alcool, l’effort, un médicament ou une morsure de tique.
  • La mise en œuvre du décret européen concernant l’obligation d’informer le consommateur sur les allergènes présents dans les denrées non préemballées  depuis le 1er juillet 2016 semble avoir réduit le risque pour les consommateurs : 1 seul cas déclaré concernant un allergène à déclaration obligatoire depuis cette date contre de nombreux cas auparavant.

Méthode            

  • Le réseau Allergo-Vigilance® couvre 68 départements en France et quelques régions de Belgique. Les cas d’AAS sont déclarés par les médecins volontaires via un formulaire disponible sur le site du réseau ou par e-mail.  Les données démographiques, les antécédents et les circonstances de la réaction allergiques sont recueillis.
  • Depuis 2008, ces données sont enregistrées dans le registre européen des cas d’anaphylaxie NORA.