Analyse du risque d’AVC lié au tabagisme à la lumière de la génétique

  • Larsson SC & al.
  • Ann Neurol
  • 25 juin 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’association entre le tabagisme et le risque d’AVC est confirmée par une étude de randomisation mendélienne parue dans Annals of Neurology . Elle concerne les AVC de type ischémique, notamment ceux touchant les petits vaisseaux ou les grosses artères. À l’inverse, aucun lien n’a été identifié entre les phénotypes de fumeur et le risque d’AVC d’origine cardioembolique ou d’hémorragie intracérébrale (HIC), même si un manque de puissance statistique pourrait exister concernant cette dernière.

Pourquoi cette publication est-elle intéressante ?

Les liens entre tabagisme et risque d’AVC sont parfaitement décrits dans la littérature, mais ils sont établis sur des études observationnelles, pour lesquelles existe un risque de facteurs potentiels de confusion non intégrés. Cette étude vise à conforter les connaissances sur le sujet en intégrant également l’analyse par sous-types d’AVC, sur la base d’une recherche des variants génétiques associés à l’initiation du tabagisme et ceux, secondairement, liés au maintien du tabagisme au cours de la vie.

Méthodologie

L’analyse a été menée à partir de la base du consortium MEGASTROKE qui regroupe les données de plus de 430.000 descendants d’Européens, parmi lesquels 34.217 cas d’AVC étaient recensés. Elle a consisté à rechercher les polymorphismes mononucléotidiques (SNP) connus comme associés à l’initiation du tabagisme (dont 372 et 326 étaient respectivement disponibles concernant les données propres aux patients ayant présenté un AVC ischémique ou un HIC) puis, secondairement, à rechercher ceux associés à l’importance du tabagisme au cours de la vie (soit respectivement 126 et 109 SNP).

Principaux résultats

  • La présence de SNP associés à l’initiation du tabac était statistiquement associée à l’AVC ischémique, et à ceux touchant les grosses artères ou les petits vaisseaux. L’odds ratio pour chaque augmentation d’un log du risque de tabagisme était de 1,22, 1,59 et 1,35 respectivement. Aucune association significative n’a été identifiée avec les AVC d’origine cardioembolique ou les HIC.
  • L’analyse secondaire concernant l’importance du tabagisme au cours de la vie montre que l’association est également retrouvée pour les AVC ischémiques (odds ratio 1,15 pour chaque déviation standard, soit environ 8 cigarettes quotidiennes supplémentaires).

Financement

L’étude a reçu des fonds publics suédois.