Analyse de l’utilisation en vraie vie du stent Absorb biorésorbable

  • Cayla G & al.
  • Arch Cardiovasc Dis
  • 1 févr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

En 2014, un groupe de travail de la Société Française de Cardiologie Interventionnelle a initié un registre prospectif incluant tous les patients recevant l’implantation d’au moins un stent biorésorbable Absorb BVS avec procédures de pré-dilatation et post-dilatation réalisées aussi fréquemment que possible. Cette analyse exhaustive était également requise par les autorités de santé (ANSM). Les résultats à un an viennent d’être publiés dans la revue Archives of Cardiovascular Disease.

Sur les 2.072 patients inclus dans le registre à partir de 86 sites français, (âge moyen 55 ans, 80% d’hommes, 49% de syndrome coronarien aigu, 17% de SCA avec sus-décalage du segment ST). Un quart des individus avaient déjà subi une intervention coronarienne percutanée. 

  • Une pré-dilatation et une post-dilatation (recommandées) ont été réalisées respectivement dans 93% et 83% des cas. 
  • Après un an, le critère composite principal d’évaluation (décès d’origine cardiovasculaire, IDM, revascularisation de la lésion cible) est survenu chez 3,9% des patients (41/2.072), le décès d’origine cardiovasculaire a concerné 0,7% de la population, l’IDM 2,6% et la revascularisation de la zone du vaisseau cible 2,4%. 
  • Au total, 1,5% des individus de l’ensemble de la cohorte ont eu une thrombose de stent et la revascularisation du vaisseau cible a concerné 3,3% des sujets.
  • Après analyses multivariées, le fait d’avoir un diabète ou une longueur totale de stent >30mm étaient des facteurs associés de manière indépendante à la survenue du critère composite principal d’évaluation. 
  • La prise d’un traitement anticoagulant par voie orale et une longueur de stent >30 mm étaient associées de manière indépendante à la survenue d’une thrombose de stent.

Quelles perspectives après cette étude ?

Des essais randomisés ainsi que des méta-analyses avaient suggéré une augmentation du risque de thrombose de stent avec l’utilisation des stents de dernières générations par rapport au stent enrobé à l’évérolimus. Si les fondements de ces résultats ne sont pas totalement élucidés, il semblerait que la qualité de l’implantation (pré-dilatation, taille correcte et post-dilatation) pourrait améliorer l’efficacité et la sécurité d’utilisation du stent biorésorbable. L’angioplastie coronaire a subi de nombreuses évolutions au cours de la dernière décennie. Par rapport aux stents actifs (à élution médicamenteuses) le stent biorésorbable Absorb BVS limite le développement d’une thrombose de stent dans le temps. Cependant celle-ci pouvant survenir tardivement, il sera intéressant de suivre les résultats à 5 ans du suivi du registre France Absorb. Par ailleurs, la population de ce registre est assez sélective par son âge moyen plutôt bas par rapport à d’autres études, ce qui oriente plus spécifiquement ces résultats et l’intérêt du stent Absorb chez ces sujets.

Données complémentaires

Entre septembre 2014 et avril 2016, 2.072 patients ont été inclus dans le registre et 2.818 stents Absorb BVS ont été implantés. Au total, 80% des individus ont reçu de l’héparine non fractionnée, 18% une héparine de bas poids moléculaire et 1% de la bivalirudine.

Limitations

Les patients n’ont pas été randomisés, et certains biais de sélection ne peuvent pas être exclus. L’absence de groupe contrôle ne permet pas la comparaison avec d’autres traitements.

Financement

Étude financée par les laboratoires Abbott.