Analyse 2006-2015 des prescriptions françaises d’antalgiques

  • Daveluy A & al.
  • Br J Clin Pharmacol
  • 4 juin 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Messages principaux

  • Selon une étude française menée par analyse des prescriptions sur la période 2006-2015, plus de la moitié de la population bénéficie d’au moins une prescription d’antalgique au cours de l’année. Les molécules les plus utilisées sont les antalgiques périphériques, mais certaines des évolutions observées concernant les antalgiques forts incitent à la vigilance.

 

Les antalgiques opioïdes posent un véritable problème de santé publique aux États-Unis depuis plusieurs années, du fait d’une explosion de leur prescription, usage et mésusage. Les tendances concernant la France sont moins bien connues. Plusieurs centres d’addictovigilance et équipes de recherche en pharmaco-épidémiologie français se sont associés pour évaluer la prévalence de l’usage de ces molécules dans la population générale et son évolution entre 2006 et 2015. L’analyse a été menée à partir des remboursements des 700.000 individus de la cohorte EGB ( Echantillon Généraliste de Bénéficiaires ) représentatifs des personnes affiliées au régime général.

Ainsi, la prévalence de l’usage des antalgiques est passée de 55,6% à 59,8% entre 2006 et 2015, avec un pic au cours de l’année 2009. La prévalence était globalement supérieure chez les femmes (66,3% d’entre elles en 2015, contre 52,6% chez les hommes) à tous les âges, hormis au-delà de 84 ans. De plus le recours aux antalgiques augmentait avec l’âge chez les deux sexes.

Les antalgiques périphériques étaient les plus utilisés (55,3%) avec une hausse du paracétamol (de 42,1% à 52,6%). Le recours à l'ibuprofène est resté stable et celui de l’aspirine a diminué sur la période d’analyse.

La prévalence de la prescription des antalgiques faibles a diminué depuis le retrait du dextropropoxyphène en 2011, et atteint 21,3% en 2015 (26,1% en 2006). La prévalence de la prescription de codéine a augmenté entre 2005 et 2011 et est depuis relativement stable (autour de 7,5% chez les hommes et 10% chez les femmes). Enfin, 1,2% de la cohorte recevait des antalgiques forts en 2015, principalement de la morphine (moins de 1%, stable sur 10 ans). L’usage de l’oxycodone, bien que faible est passé de moins de 0,1% à plus de 0,4% des prescriptions, notamment chez les sujets âgés (1,2%). La buprénorphine et l'hydromorphone sont, eux, rarement prescrits.

Si les antalgiques opiacés restent encore peu prescrits en France, le développement de l'utilisation de l'oxycodone et du tramadol doivent faire l’objet de vigilance, que ce soit dans le cadre de leur usage et mésusage que face au risque de détournement.