Alternatives à la viande rouge : un levier pour limiter l’incidence du diabète de type 2 ?

  • Ibsen DB & al.
  • Diabetes Care
  • 31 août 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Message principaux

  • Selon le suivi à 12 ans de la cohorte composant l’étude EPIC-Interact incluse dans la cohorte EPIC (European Prospective Investigation into Cancer), le remplacement d'une portion par jour de viande rouge ou de viande transformée par une portion de fromage, de yaourt, de fruits à coques ou de céréales est associé à une incidence plus faible de diabète de type 2.

 

La diminution de la viande rouge au profit d’autres sources de protéines (volailles, poissons, œufs..) a-t-elle un impact sur le risque de développer un diabète de type 2 ? La littérature rapporte les résultats de certaines études mais avec un manque de précision ou d’exhaustivité concernant le spectre des protéines consommées en remplacement. Aussi, une étude cas-témoins emboîtée a été menée à partir des données de la cohorte EPIC (EPIC-Interact) dans laquelle les données de 15.540 sujets exempts de diabète de type 2 ont été mises en parallèle avec celles de 11.741 sujets ayant développé un diabète de type 2 pendant les 12 années de suivi.

Méthodologie

À l’inclusion et durant le suivi, les participants étaient invités à remplir des questionnaires alimentaires (nature et quantité des différents aliments), des questionnaires sur la santé, l’hygiène de vie et les facteurs sociodémographiques et économiques. Ils devaient déclarer les évènements de santé (dont le développement d’un diabète de type 2), données qui étaient complétées par l’analyse des dossiers médicaux.

Principaux résultats

La comparaison du groupe ayant développé un diabète à l’autre montre que les premiers étaient en moyenne plus âgés, avaient un niveau d'éducation plus faible, étaient physiquement inactifs et fumaient. Ils étaient aussi plus souvent de sexe masculin et avaient en moyenne un IMC et des taux moyens de ferritine sérique plus élevés. Par ailleurs, l’analyse du comportement alimentaire montrait que les personnes développant un diabète de type 2 avaient un niveau de consommation de viande rouge, de viande transformée et de boissons gazeuses plus élevée que les autres, tandis qu’elles mangeaient en moyenne moins de yaourts et de fruits.

Ces données ont permis de modéliser le remplacement de la consommation de la viande rouge ou transformée par les différentes autres sources de protéines : ainsi, le risque de diabète de type 2 était plus faible lorsque 50 g/jour de protéines de viande rouge ou transformée étaient remplacées par du fromage (HR 0,90 [0,83-0,97]) (30 g/jour), des yaourts (0,90 [0,86-0,95]) (70 g/jour), des fruits à coques (0,90 [0,84-0,96]) (10 g/jour) ou par des céréales (0,92 [0,88-0,96]) (30 g/jour). Aucune différence n’a été identifiée lorsque l’alternative protéique était la volaille, le poisson, les œufs, les légumineuses ou le lait.

Les auteurs rapportent que quelques données présentent une certaine hétérogénéité selon les pays, tandis que le taux de ferritine sérique influençait significativement ces relations. Celui-ci est un reflet des réserves de fer de l’organisme et il pourrait expliquer jusqu'à 31,8% des associations observées, même si celles-ci reste faibles. Autre estimation : le remplacement de la viande rouge ou transformée par le fromage, les yaourts ou les fruits à coques permettrait de prévenir entre 7 et 9 % des cas incidences de diabète de type 2.