Allonger les congés de maternité et de paternité ?


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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En France, la durée minimale du congé de maternité est de 16 semaines, dont 6 avant l’accouchement. C’est l’une des plus courtes en Europe. La loi interdit aux employeurs de faire travailler une femme enceinte ou venant d’accoucher pendant une période totale de 8 semaines, comprenant obligatoirement les 6 semaines après l’accouchement. Se situant dans la moyenne européenne, le congé de paternité est indemnisé pour 11 jours maximum (18 pour une naissance multiple), non fractionnables, avec maintien intégral du salaire dans certaines conventions collectives, par exemple celle des fonctionnaires. Ces durées conviennent-elles aux Français ? C’est ce qu’a cherché à savoir un travail exploitant les données du Baromètre d’opinion de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) pour les années 2014 et 2016 et de l’enquête Modes de garde et d’accueil des jeunes enfants 2013.

Un tiers des Français de plus de 18 ans (33%) trouve le congé de maternité trop court, versus 38% pour le congé de paternité. La part des Français souhaitant les augmenter varie avec leur âge : parmi les 18-24 ans, 32% souhaitent l’allongement du congé de maternité et 63% celui du congé de paternité ; parmi les 25-34 ans, ces proportions passent respectivement à 41% et 60%, alors qu’elles reculent à 21% et 19% chez les 50 ans ou plus.

Les femmes sont plus favorables que les hommes à l’allongement de ces congés : 34% versus 24% pour le congé maternité et 39% versus 31% pour le congé de paternité. Parmi les parents ayant un enfant de moins de 3 ans, 47% trouvent le congé de maternité trop court et 56% pensent de même en ce qui concerne le congé de paternité. La catégorie sociale et le niveau de diplôme n’ont pas ou peu d’influence sur l’opinion quant à la durée du congé de maternité.

L’allongement de la durée du congé de paternité est souhaité par :

-       24% des personnes n’ayant aucun diplôme ou seulement le brevet des collèges, mais par 44% de celles diplômées de l’enseignement supérieur.

-       16% des personnes approuvant le modèle traditionnel de la femme au foyer élevant ses enfants (22% pour l’ensemble de la population française) ; cette proportion est similaire à celle des personnes pensant que les mères savent mieux que les hommes répondre aux besoins des enfants ou qu’il faut privilégier l’emploi des hommes.

-       52% des personnes en couple qui indiquent que les tâches ménagères sont réparties équitablement au sein du foyer, contre 43% pour les autres.

La catégorie sociale n’a pas ou peu d’influence sur l’opinion quant à la durée effective du congé de paternité. Cependant, les travailleurs indépendants, ceux ayant un emploi précaire ou les chômeurs le prennent plus rarement que les salariés qui ont un emploi stable. Parmi les 20% des pères les plus modestes, seuls 4 sur 10 l’ont pris, contre 7 sur 10 pour l’ensemble des pères. Les pères y ayant le plus souvent recours sont ceux qui travaillent dans le secteur public, qui sont les plus impliqués dans les tâches familiales, et ceux dont la femme travaille.