Allaitement et protection des nouveau-nés : les enseignements de la cohorte EDEN

  • Davisse-Paturet C & al.
  • Matern Child Nutr
  • 22 janv. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Messages principaux

  • Selon une analyse de la cohorte française EDEN, l’allaitement réduirait le risque de diarrhée durant la première année de vie et celui de bronchite ou bronchiolite jusqu’à 2 ans, et ce d’autant plus que l’allaitement mené majoritairement au sein était prolongé.

  • Aucun effet protecteur de l’allaitement n’a été décrit concernant les rhumes, rhinopharyngites, sifflements, asthmes et manifestations cutanées.

Les recommandations concernant l’allaitement exclusif durant a minima 4 mois, ou mieux durant 6 mois, offrent le moyen de limiter le risque d’infections et de renforcer l’immunité des nouveau-nés, mais son bénéfice sur le risque allergique est moins bien établi. Par ailleurs, la plupart des études menées sur le sujet l’ont été sur des analyses transversales. Les investigateurs de l’étude de cohorte française EDEN, qui a suivi 2.000 couples mères-enfants à partir du premier trimestre de grossesse, ont souhaité mener une analyse globale sur les risques d’infections, de manifestations cutanées et respiratoires à partir d’une approche des trajectoires développementales par groupe ( Group-Based Trajectory Modeling ). Ils ont établi des groupes de trajectoires par symptôme pour évaluer comment chacun était potentiellement influencé par le fait d’avoir ou non été allaité, en intégrant les nombreux facteurs de confusion potentiels (dont le risque allergique familial).

Analyse des différentes manifestations, prises isolément

Pour l’ensemble de la cohorte, 4 groupes de trajectoires ont pu être identifiés entre 0 et 12 mois concernant la diarrhée : le plus fréquemment, les enfants avaient présenté un premier évènement après le 4 e mois de vie (43%) ou n’avaient pas présenté de diarrhée durant cette période (38%). Le fait d’avoir été allaité (exclusivement ou non) était associé à un moindre risque de diarrhée. Par ailleurs, une durée prolongée d’allaitement au sein étant associée à un moindre risque de diarrhée.

Quatre groupes de trajectoires ont pu être identifiés concernant l’otite entre 0 et 2 ans : l’absence d’un épisode durant cette période (42%) était le plus fréquent, suivi d’un groupe pour lequel les évènements survenaient surtout durant la première année puis restaient modérés ensuite (30%). Aucune association n’a été globalement identifiée entre l’allaitement et le risque d’otite, même si la durée prolongée d’un allaitement mené principalement au sein était associée à un moindre risque pour ce dernier groupe.

Concernant les rhumes et rhinopharyngites, les enfants appartenaient à deux principales trajectoires parmi les 4 identifiés entre 0 et 12 mois : celle dans laquelle les enfants ont présenté des évènements sur toute la période, mais en nombre globalement limité (49%), et celle dans laquelle les enfants vivaient leur premier évènement au-delà du 4 e mois. Aucune association n’a été identifiée avec l’allaitement ou la durée d’allaitement.

Concernant les bronchites et bronchiolites, 38% de la cohorte n’avaient pas présenté d’évènement au cours des deux premières années et 50% avaient présenté un nombre croissant mais modéré d’évènements sur cette période. Le fait d’avoir été majoritairement nourri au sein était négativement associé au risque d’appartenir à ce dernier groupe.

La majorité des enfants n’avaient pas présenté de manifestations cutanées (61%), de sifflements (66%) ou d’asthme (91%) durant les 8 premières années de vie. Cependant, pour ceux qui en avaient présenté, aucun lien n’a été identifié entre les trajectoires de groupes concernant ces manifestations et l’allaitement ou sa durée.