Aliments ultra-transformés et symptômes dépressifs : la présomption d’innocence ne tient plus…

  • Adjibade M & al.
  • BMC Med
  • 15 avr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les publications concernant les aliments ultra-transformés et la santé se multiplient dans les revues médicales. L’une d’entre elles publiée dans le BMC Medecine est française a été menée à partir de la cohorte NutriNet-Santé. Les résultats de celle-ci montrent que globalement il existerait une association positive entre la consommation d’aliments ultra-transformés et l’incidence des symptômes dépressifs. Ainsi, une augmentation de 10% de la consommation ce type d’aliments augmenterait le risque de développer des symptômes dépressifs de 21%.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

L’étude NutriNet-Santé, a permis de montrer que les produits ultra-transformés contribuaient à hauteur de 35,9% des apports énergétiques. Ils améliorent la texture, la digestibilité, le transport, la conservation des aliments, mais sont également très denses énergétiquement, car très chargés en sucre, gras, sel et peu en micronutriments. Ils constituent ce que nous pourrions appeler des calories vides. De fait, ils présentent un certain effet délétère sur la santé. De récentes études ont montré une association positive entre la consommation de ces aliments et l’obésité, l’hypertension, les troubles métaboliques et le cancer. En revanche, jusqu’à présent aucun focus sur les troubles mentaux n’avaient été réalisé. 

Méthodologie

L’échantillon ayant participé aux analyses comprenait 20.380 femmes et 6.350 hommes (âgés entre 18 et 86 ans) sans symptômes dépressifs à l’inclusion. La classification NOVA a permis d’évaluer la proportion d’aliments ultra-transformés consommée individuellement.

Principaux résultats

Au total, 6.350 hommes et 20.380 femmes ont été inclus (âge moyen 47 ans). Durant le suivi moyen de 5,4 ans, 2.221 cas de symptômes dépressifs ont été identifiés (9,0% chez les hommes et 8,1% chez les femmes). Les produits ultra-transformés correspondaient à 15% des apports alimentaires en poids et 32% en calories. Les analyses ont mis en évidence que les sujets qui consommaient le plus d’aliments ultra-transformés étaient plus susceptibles d’être des sujets jeunes, fumeurs ou anciens fumeurs, obèses et ayant de faibles revenus. 

Après ajustement, le risque de développer des symptômes dépressifs était favorisé par l'augmentation de la consommation d’aliments ultra-transformés. Les auteurs de cette publication rappellent que l'association entre la consommation d’aliments ultra-transformés et la dépression pourrait en partie être favorisée par la présence d'additifs notamment des émulsifiants ou des molécules transformées par de fortes températures et qui pourraient induire des altérations du microbiote. 

Principales limitations

NOVA peut conduire à certains biais de classification, et il s’agit d’une étude observationnelle.